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Nom du blog :
lesableausablier
Description du blog :
Tous les poèmes de ce blog sont de ma plume. J'essaie d'être lisible. Bonne lecture. SMR
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
19.04.2006
Dernière mise à jour :
02.05.2008
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Histoire d'arbres: feuilles d'automne

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier
I--Feuille d’automne

L’oiseau dit à la feuille
Tu peux t’envoler
Ton arbre,
Je vais le surveiller
Jusqu’au prochain printemps

Je lui donnerai mon duvet d’hiver
Mes plumes ma neige
Et mes œufs tout blancs

Tu peux t’envoler
Chercher dans les îles
Tes bourgeons de cire
Et tes sangs d’automne

L’oiseau dit à la feuille
Qui n’entendit pas
Car le vent déjà prenait la forêt
Dans son grand tourment de gel et de froid

Dans son grand linceul de pluie et de neige
Dans sa grand manteau d’orage et d’éclairs
Rehaussé des gemmes du soleil couchant

Histoire d'arbre

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier

Ecorce

Un arbre vaut mieux qu’un soupir
Vaut mieux qu’une larme d’amour
Même mieux que ce cœur gravé
Par une lame maladroite
Dans son écorce de l’année.

Histoire d'arbres: Un arbre

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier

Un arbre étincelle dans le soir baigné de brume
Il a nom olivier frêne charme ou chêne
Il fut planté pour la révolution
A son pied dort
un guerrier
enterré par la guerre
Repartie vivre en son pays.
Un arbre étincelle dans le soir

Il savoure ce délicieux moment
de l’extrême clarté du soleil
Qui prélude au rendez-vous cosmique
avec les étoiles filantes
Qui sont les arbres de l’univers.

Histoire d'arbres: la cigarette

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier
La cigarette

La cigarette est le tronc vertical
D’un arbre dont la frondaison
Cache des oiseaux volages
Et dont les étranges racines
Creusent terriblement les poumons.

Histoires d'arbres: Le chandelier

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier
*

Le chandelier
Un chandelier
est un arbre à sept branches
Il chausse ses bottes de sept cieux
Pour aller louer l’éternel
Mais
Ses racines creusent
érodent
et fouillent un passé de mer morte
Pour y puiser
le vain encens de la prière.

*

Histoires d'arbres: Le réverbère

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier
Le réverbère

Un réverbère est un arbre à lumière
Il est planté comme un poignard
Dans la poitrine éparse de la nuit
De nos villes sans pudeur.

Histoire d'arbres: L'arbre de mai

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier
*
L'arbre de mai

Pour jouer à qui perd gagne
L'arbre de mai
dresse son mat de cocagne.

Y décrocher l'émoi
et les désillusions
Est chose plus facile qu'on croit
En mai.

Arbres promis
à fournir de nouvelles branches
S'érigent les mats de cocagne
Si l'on fait ce qui leur plaît
En jouant à qui gagne perd
En mai.

Histoires d'arbres: Le gibet

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier
Le gibet


(fantaisie) dédiée à F.Villon.


Je suis l’arbre nu des pendus,
Le cher gibet de vos notables.
Malgré mon humeur exécrable
Et ma poutre un peu vermoulue
Je me juge encor présentable
Digne d’accueillir les pendus.

Jadis en des temps mémorables
J’ai grandi et longtemps vécu
Dans une futaie agréable
A la saison, claire ou touffue.
J’avais des voisins acceptables
Et de voisines bien branchues.

Les ans s’écoulaient délectables.
Des poètes parfois venaient
S’asseoir sous mon ombrage affable
Pour y composer leurs sonnets
Qu’ils déclameraient à leur table
Entre deux coups de beaujolais.

Une source du sol venue
Entre deux toiles d’araignées
Jaillissait dans mon pied moussu
Pour aller muser dans les prés
En chantant d’une voix ténue
Le grand air de la liberté.

J’aurais pu vivre ainsi mille ans
Caresser les cieux de ma cime
Juger les hommes pour leurs crimes
Fouiller du bout de mes racines
Les effroyables continents
Où Lucifer tient ses usines

Mais la cognée d’un bûcheron
Sans aucune considération
A fait basculer mon destin
Alors que touchait à sa fin
L’hiver et que mai réveillait
Les jeunes tiges de l’année.

Ebranché écorcé traîné
Débité en en poutre et en planche
Par les outils du charpentier
Ce ne fut pas tout jour dimanche
Pour devenir sur le pavé
Cet arbre horrible pour nuits blanches

Des brigands j’en ai vu beaucoup
Chacun savait mourir en hommes
Mais tous ils appelaient leur mère
Quand mon licou palpait leur cou
Mon grand regret ce fut en somme
De ne pas balancer Macaire.

Je suis l’arbre nu des pendus
Les gamins imitent en riant
Le cri de mes corbeaux repus
Et l’étrange balancement
De mes invités corrompus
Par un trop long désoeuvrement.

Mais demain je passe la main
Je range ma corde et ma poutre
Le progrès nul ne passe outre
Il y a toujours meilleur vin
On installe une autre machine
Œuvre du docteur Guillotin.

Je suis l’arbre nu des pendus
Le cher gibet de vos notables
J’ai dominé longtemps la rue
Mon passé est donc honorable e
Et l’histoire me tiendra la main
Pour entrer au musée Grévin
En la compagnie de Mandrin.

Page païenne: les visages

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier
Les visages


Visages de principes
Courez dans nos pupilles
Dilatez-vous
Multipliez le prisme
De la foule
Foulant
La place jaune de la curiosité.
ô mouvants émouvants regards
Jeux de lèvres tics de paupières
sautez à nos neurones
donnez –vous
Ouvrez-vous
Dilapidez-vous
Soyez jugés ou déjugés
Pour l'incident fortuit
De la conception de beauté

Page païenne: Les neurones

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier
Les neurones

Pères mères et grands parents
Enfants petits enfants cousins
Arpètes ou argousins
Chef de gare ou poètes
Ivrognes banquiers militaires
En hommes de lettres en femmes de bien
en hommes de rien en femmes à bien être
Accourez sur le pré
Accourez neurones
Prévenez tout le ban et l'arrière ban de la lignée
Toute l'ascendance toute la descendance
Fils frères de neurones
Princes et mendiants du palais
Accourez
Accourez
Que pères et pères et pères des pères viennent
Que mères des mères et des mères viennent
On va juger le créateur
Et même le pendre
Si la justice des muscles l'exige.
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