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Nom du blog :
lesableausablier
Description du blog :
Tous les poèmes de ce blog sont de ma plume. J'essaie d'être lisible. Bonne lecture. SMR
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
19.04.2006
Dernière mise à jour :
02.05.2008
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Le vain du Nord

Posté le 12.12.2007 par lesableausablier
Le vain du Nord

Je suis du pays du charbon
De ces vastes plaines maussades
Où le vent d’ouest balade
Ses cumulus sur les houblons.

Ici la vigne n’a pas cours.
L’estaminet sert de la bière :
Chimay, Gamay ou Kronenbourg
Dans d’immenses chopes en verre.

On en vide autant qu’on le peut
Jusqu’à plus soif pour oublier
Que dehors chaque jour il pleut
Sur les pigeons des coulonneux.

E pour du terril ne plus voir
Le chapeau pointu chaque soir
Quand la fosse nous a crachés
Pour que l’on trinque à sa santé.

Propos d'ivrogne

Posté le 12.12.2007 par lesableausablier
Propos d’ivrogne

Dirait-on pas que je suis ivre !
Je zigzague sur le chemin,
Mon pas m’apparaît incertain
J’hésite sur la route à suivre.

Le soleil est moins clair soudain
pourtant j’ai pas bu plus qu’on peut
Faut savoir que le Condrieux***
A tromper le monde est malin

Pourquoi boit-on ? Qui répondra ?
Cet ouvrier sur son échelle,
Ce curé lisant son missel,
Ou ce chanteur perdant sa voix ?

La vie quelquefois nous y pousse.
Partager le vin entre amis,
C’est oublier tous ses soucis
Et du Temps la sale frimousse.

On boit en enviant le poète
Lui se saoule dans son taudis
De l’alcool de sa poésie
Qui va conquérir la planète.

On boit pour oublier la voix
De cette femme jamais lasse
De nous reprocher ce palace
Où hélas nous ne vivons pas.

Et puis aussi par habitude
L’alcool aidant à oublier
Cette bastille* où prisonnier
On tourne en rond comme Latude**

Je titube, j’ai bu un brin
Oh trois fois rien par lassitude
Je recherchais cette quiétude
Que le bon peuple accorde au vin.


*La Terre
**Prisonnier célèbre
*** cru très apprécié

Bribe

Posté le 11.12.2007 par lesableausablier
....

Dans sa cuisine d'autrefois
Pomme ridée par tant d'effrois
Qu'elle n'aspire qu'à mourir
La vie réchauffe ses vieux os
Aoprès du feu des souvenirs
Avant la froideur du tombeau
Où l'on se doit de bien pourrir
Sur un lit d'amers souvenirs
...

SOS

Posté le 11.12.2007 par lesableausablier
...

Occupés à planter nos choux
Dans le derme de la planète
Nous n'entendons plus le coucou
Egrener le temps qui s'entête
A nous pousser vers les tréfonds
Où bientôt nous disparaîtrons
Avec nos fusils nos canons
Avec nos folles ambitions
Avec notre or et notre orgueil
Sans que nul ne porte le deuil

...

Histoire d'arbres: La main de Caïen

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier
La main de Caïn

L'oeuvre des dieux
(Il est sage ici qu'ils soient pluriels)

Un fragment d’œuvre, mais pas le moindre
Pour couper au temps la parole
Pour semer dans le champ l’ivraie
Pour mouiller de sang l’eau de vie
Pour épicer l’Universel

L’œuvre des dieux
(Ce n’est pas vain qu’ils soient pluriels)

L’œuvre de chair
Paume poing phalanges ongles
Aux cinq branches crispées
Peut-être (doute bénéfique)
Disjonctées
De leurs sens primaires

L’œuvre des dieux
(S’ils sont pluriels il y a confusion)

Segment de chair aux pouvoirs ordinaires
L’ont–ils roulée dans le sang de Caïn
Que la voilà levant plus haut
une arme élémentaire
Couteau hache bâton ou pierre
pour retomber
Ombre noire sur Abel

L’œuvre des dieux
(Vaut-il pas mieux qu’ils soient pluriels)

Lequel a commis l’accident volontaire
Quand les fils de Set en débattront
avant la fin dernière
Ayant fini la plantation des arbres à emmancher les lames
Et la fusion des aciers fiers
à s’établir couteaux lames haches épées
Pour titiller la guerre et les meurtres ordinaires

C’est là dans la nuée des voix accusatrices
Qu’il vaudra mieux qu’ils soient pluriels
Les dieux devant Abel!

Histoire d'arbres: Le partage de la forêt

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier
--Le partage de la Forêt

Cet arbre pour Arthur Rimbaud
Qui a ouvert à jamais
Les écluses de la poésie.

Cet arbre pour Alfred Jarry
afin qu'il y taille une statue du père Ubu
Visible de tout l'univers.

Cet arbre pour Isidore Ducasse
Il y creusera une pirogue
Pour chevaucher les vagues
Des océans cosmiques.

Cet arbre pour guillaume Apollinaire
Six planches pour le cercueil de la guerre
Et les copeaux pour les termites humaines.

Cet arbre pour René Guy Cadou
Qu'il y suspende les pommes à couteaux de l'enfance
Dans la cour de récréation des mots.

Cet arbre pour Louis Aragon
Les désillusions
Et les confusions éternelles.

Cet arbre pour Paul Eluard
La liberté illusoire
Les blasons des femmes et des fleurs
Les bouquets de fleurs et d'espoir.

Cet arbre pour André Breton
Baobab dans un pot de fleurs
Les fruits seront porteurs d'épines

Cet arbre pour Robert Desnos
Qui a vu plus que les poètes
Dans l'absolu inqualifiable.

Cet arbre pour Jacques Prévert
Les amours d'un sou Les choses d'un sou
Les simples gens Et les mots simples
Pour des amours qui n'ont pas de prix.

Et toutes les feuilles du printemps
De tous les arbres de la planète
Pour y écrire vos poèmes
Poètes de tous les pays.

Histoires d'arbres: arbre 3

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier
Arbre III

Un arbre est venu se planter à ma porte
-Brûle-moi si tu veux je suis entier à toi
Tronc racines feuillage écorce
Je t'offre ma planète d'illusions
Je puis être ton feu ta table ton cercueil
Le lit où tes enfants seront conçus
Où tes enfants seront confiants de naître
Je puis me transformer à ton désir
Être cet opéra joyeux des bûches de noël
Ces inutiles objets indispensables aux hommes

Un arbre est venu là poser son héritage
Trois nids d'oiseaux pinsons alouettes loriots
L'aire d'un corbeau freux très haut dans son feuillage
Un débris de vent doux un mémoire de tempête
Quelques fruits oubliés une perle de sève
Une bave de brume deux toiles d'araignées
Un rayon de miel doux un vol de guêpes bourdonnantes
Pauvre inventaire à la Prévert après la chevauchée d'hiver

Un arbre est humblement venu me confier sa mémoire
Un mat de cocagne en attente de hache
Un tronc bien droit bien lisse et fait pour la cognée
Quelques fagots quelques ramées bien sèches
Le marteau d'un pivert que la forêt reprend
Très haut très clair dans son concert
Et surtout dans l'écorce à hauteur de main d'homme
Un cœur d'une flèche percé avec deux initiales
Témoignage touchant d'un amour sans partage

Histoire d'arbres: arbres 2

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier
Arbre II

L'odeur de l'arbre m'est parvenue dans mon sommeil
Avant elle
Racines et frondaisons
avaient franchi la barrière humide de la nuit
Sautant comme des daims
La haie de ma fenêtre.

L'ombre de l'arbre a recouvert de mousse blanche
Mon songe partagé
Elle a caressé mes paupières
S'est allongée sur ma surprise défaillante
L'a imprégnée de son dédoublement champêtre
Peut-être a-t-elle goûté sur ma lèvre feutrée
L'haleine tiède et apaisée du monde.

L'arbre lui-même enfin
Hêtre frêne sapin
Est apparu
Linceul d'écailles vertes
barbe de lierre
dentelles de lichens
Coiffé d'orages retenus
Il est resté comme un vieillard simple
A écouter respirer la maison
A voir apparaître puis disparaître
Mourir et naître et mourir encor
Sous une cascade d'hiver
Tout un ballet de bûches incandescentes.

Puis est revenu le matin avec ses paroles d'humains
Et ses forêts murmurantes comme des sources soumises
de maisons inutiles
entre les souches irréprochables des arbres abattus
Mais Il était déjà l'heure
dans le lointain
d'un vrombissement aigu de tronçonneuses.

Histoire d'arbres: arbre 1

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier
-Arbre I


Le bonheur est un être
Qui court après lui-même
Un peu plié un peu cassé
Il a coupé ses chaînes
Et plus rien ne le freine
Dans sa course insensée
A quitter son boulot
Pour aller se mirer
Dans les eaux de l'allier*
Sur qui Narcisse plane **
En lui trouvant le charme
Des choses désirées

Histoire d'arbres: arbre de poésie

Posté le 07.12.2007 par lesableausablier
Arbre de poésie

L'arbre amateur de poésie
Accompagne parfois le poète
Sur le long chemin de la vie
S'il se secoue ses oiseaux sifflent
Et volontiers quittant leurs nids
Mettent des plumes bleues dans leurs mains
Alors les poètes ravis
Copiant les vents semeurs de feuilles
Sèment dans le plain chant de l'oubli
Des poèmes qui éteints scellent
Au passé présent l'avenir.
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