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lesableausablier
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Tous les poèmes de ce blog sont de ma plume. J'essaie d'être lisible. Bonne lecture. SMR
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Date de création :
19.04.2006
Dernière mise à jour :
02.05.2008
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NOSTALGIE

Posté le 13.12.2007 par lesableausablier
Nostalgie


où s'en vont les feuilles anciennes
Les automnes meurent aussi
Et la beauté et les rengaines
Même les amours éblouies
Qui devaient durer la semaine
et qui sont mortes dans le lit
Avant que l'aube ne revienne

Amours sans larmes soirs sans fards
Le cimetière donne le ton
La voix d'une cloche qui sonne
Vaines amours amours sans charmes
Des matins anciens se souviennent
Passe sous les ponts cette eau blême
Des Carco des Apollinaire

La ville ne reconnaît plus personne
Les portes veillent à tout hasard
Reviennent les fils prodigues
Les époux attardés aux bars
Les spécialistes du trottoir
Les lève-tôt les couche-tard

Par les ruelles où rien frissonne
Sous des lunes désabusées
S'en vont où les feuilles anciennes
Des grands parcs fantomatiques
Guignol sous sa bâche dort
et Trissotin et Colombine

Les automnes meurent aussi
Et la beauté et les rengaines
Même les amours éblouies
Qui devaient durer la semaine
et qui sont mortes dans le lit
Avant que l'aube ne revienne

Dans les maisons on fait des vœux
Pour que passent enfin les cigognes
L'eau du fleuve roule ses charognes
Et ses Ophélie d'HLM
On dirait que brûlent les vagues
Toutes les mouettes du port

Une horizontale carcasse
Troue de sa proue la route noire
C’est une péniche au long court
Nonchalante tirant le brouillard
comme une barbe de vieillard
Dans son sillage d'argent sale

S'en vont où les feuilles anciennes
Les automnes meurent aussi
Et la beauté et les rengaines
Même les amours éblouies
Qui devaient durer la semaine
et qui sont mortes dans le lit
Avant que l'aube ne revienne

Ce soir sera pour la vertu
Une roseraie dans les nues
Où chante d'un ton espagnol
le dernier de nos rossignols
Celui des moments incertains
Où tout est sûr où rien n'est vain
Sinon un espoir de bonheur

Navré D'esprit

Posté le 13.12.2007 par lesableausablier
Navré d'esprit

Quand le jour tourne en rond dans sa fosse terrible
Quand l'amour meurt un peu au souffle d'un baiser
Quand l'écho d'un silence déchire la pensée
Je ne me défends pas ou mal d'être triste

Seigneur! Qu'ils étaient doux les désirs de l'enfance
Qui dorment maintenant dans la mémoire des blés
Qu'ils étaient grands aussi dans l'espace et le temps
Comme des feux posés aux bornes de l'obscur

Le temps hélas a fui, le temps insaisissable
L'espace s'est fermé sur ses soleils éteints
Ces grondements au loin sont des lambeaux de guerre
et ces ruines sans ombres des palais ordinaires

Qu'attendre désormais Peu de chose des femmes
Quant aux hommes occupés à conquérir leur vie
Ils ne se préoccupent que du pain d'aujourd'hui
Ils n'écoutent ravis que les chants des sirènes

Je suis navré hélas de n'avoir plus à dire
Que cet éteignement de feu dans mon foyer
Que cet empierrement instable de la mer
Que cette dévivance acide des étés

De mon jardin sans fruits je rentre panier vide
Les fleurs du printemps n'ont pas joué le jeu
La maison qui m'aspire n'est que vide coquille
Qu’une ellipse illusoire qui cache un tombeau

Je ne me défends plus ou mal d'être triste
Quand la nuit appareille au mitan de mes jours
Quand l'oiseau qui me veille ressemble à un vampire
Quand des Christ sanglotent sur des calvaires d'os

Petite faim du matin

Posté le 12.12.2007 par lesableausablier
Tu sommeillais. La nuit sans fin
Me semblait une éternité.
Il m'apparut que j'avais faim
A n'être jamais rassasié.

Je me suis risqué au jardin
Repos du guerrier suzerain
ça sentait le frais du matin
l'ambre perdue dans les embruns.

J'ai d'abord pour me mettre en train
Respiré sagement la rose
Qui songeait sur ta lèvre close.
Elle m'a dit:"Cherche plus loin"

De ton sein ferme et arrondi
Comme une pomme d'Arcadie
Ma bouche a goûté l'ambroisie
Et ton sein dans un souffle a dit:

"Ailleurs mûrit un meilleur fruit,
Dans un val doux du paradis
Là où pousse l'arbre de vie
L'arbre d'or qu'Adam a conquis.

Toujours plus loin toujours plus fort
Une voix poussait mon désir
A devoir mille fois mourir.
J'ai cherché ,j'ai cherché encor

J'avais cette fièvre de l'or
J'avançais puis je reculais
J'étais sur une île aux trésors
dont je découvrais les secrets.

Je ne sais pas si de l'éden
Ce matin-là j'ai eu l'étrenne
Mais je veux toujours consommer
De cette île le fruit sacré.

Hic! hipch!!

Posté le 12.12.2007 par lesableausablier
Improvisation


Tant pis pour les bonnes manières
Que l'on se fait entre copains
La kronenbourg ou la Chimay
Avec foie gras toast et pâté
À la terrasse des cafés
Désormais même si c'est dur
Pour mon bedon la refuser
Je le ferai je me le jure
De maintenant à désormais
D’ailleurs ma femme dit toujours
Tu as copié le sacristain
Qui voulut flatter son évêque
Qui lui copie le cardinal
Qui sait trop se tenir à table
Et y dépense nos deniers
En se ravageant la santé

Et blablabla et blablablain!
L'amour avec toi, oui, c'est lourd
Comme le « baiser » de Rodin!
Ou d' tes copains les calembours.

Si vous permettez les copains
Plus de tabac plus de gamay
Plus de beaujolais du matin
Plus de sport le verre à la main
Tant pis pour les bonnes manières
Je saurai tout vous refuser
Hormis cette franche amitié
Qui nous unit depuis des lustres
Depuis qu'ensemble on a fumé
Notre première lucky strike
Tiré plus vite que nos ombres
Sur les donzelles du quartier
Dont la hanche plus que parfaite
Nous incitait à plastronner

Et blablabla et blablablain!
L'amour avec toi, oui, c'est lourd
Comme le baiser de Rodin!
J’en ai des kilos sur les reins.


Plus de Bergers plus de pressions
Plus de pernod qu'on boit sans soif
Question d’aniser son menton
En le doublant sans y fair' gaffe
En s'éloignant d' Gaston la Gaffe
Qu’est pis qu'arête de poisson
Je vais m'acheter une balance
Noter toutes mes décisions
Sur la porte en bois de la cave
Où mûrissent mes bons poisons
Mais si je le puis encor
Mesdames je vais consommer
Une mousse encor pour la route
Question de bien m'encourager
Au devoir de m'en abstenir
.

Et blablabla et blablablain!
La vie sans elle ça sera lourd
Comme une journée sans amour
Comme une chanson sans refrain

A votre santé les copains.
Hips! Hips, ché bon hips hic cha!
Je veux dir ' chètte belle mouche
ça me permet de pencher* droit.

Celui que son temps n'aima pas

Posté le 12.12.2007 par lesableausablier
Celui que son temps n’aima pas.







I –Le bon écolier

Celui qui passe au chemin bas
Voyant plus haut que son nombril
Est-ce Rimbaud de Charleville
Celui que son temps rejeta ?


Il hume l’automne, il adore
Les brumes douces au vallon
Le soleil rond comme un melon
Dont les nuages croquent l’or
En bons voyous sans permission.
Il aime sur les orées sombres
Fruits des coutumes ordinaires
Contempler des cerfs couronnés
Les longues fougues passionnées
Pour de vraies amours passagères
Dont il conçoit les ruts sans nombre.
Il aime sur sa peau sentir
L’indéfini de l’oiseau lyre
Celui que jamais l’on ne voit
Que dans les cahots du trépas
Quand on dit salut ! Et qu’on va
Boire le vin de l’au-delà.


II -L’éveil à la poésie

Celui qui passe au chemin bas
Voyant plus haut que son nombril
Est-ce Rimbaud de Charleville
Celui qui n’est déjà plus là

Le cœur meurtri le cœur bohème
Il va sur les chemins du vent
Colchiques bruyères asters
Il ronge tout. Repas géant.
Toute la flore de la terre
Il la maltraite en ricanant.
Il a lu d’Hugo et Verlaine
Tous les poèmes évidemment
D'ailleurs il jette en se moquant
Comme de beaux éclats de verre
Leurs rimes usées dans l’étang
Pour cette harpie centenaire
Qui ne connaît de l’océan
Que le bateau ivre du temps
Dans la folie de l’air ambiant.


III –La révolte

Celui qui passe au chemin bas
Voyant plus haut que son nombril
Est-ce Rimbaud de Charleville
Avec une Gambier aux dents ?

Car tout est fou soudainement
Tout s’illumine dans sa tête
Il boit de l’or. Il sue ses fêtes.
L’orme secoue sa tête d’or
Il neige du feu et du sang
La forêt lasse se déflore
Elle s’enflamme. Des mosquées
Transpercent soudain les nuées
L’enfer s'éventre, la saison
Souffle du soufre les frissons.
Ce mufle rouge est-ce Gomorrhe ?
Est-ce Sodome que l’on pille
Est-ce un faune ? Ou même un satyre
Ces larmes de sel qui brillent
Dans des yeux pétris de phosphore
Et ce spectre au pauvre sourire
Est-ce d’Ophélie le martyr ?
Lui est déjà dans son plain chant.
Il est devenu le passant
Le voyou à la tête d’ange
Il interpelle, il dérange.
Il a labouré trop de champs
Semé trop de graines étranges.

Celui qui passe en s’ennuyant
Voyant plus haut que son nombril
Est-ce Rimbaud de Charleville
Celui aux semelles de vent ?

Fable

Posté le 12.12.2007 par lesableausablier
Fable


Elle a dit : " Monsieur, je vous aime.
Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment.
C'est comme ça, c'est mon problème,
Vous me plaisez énormément.
Amour de femme amour extrême
Amour tout court tout simplement."

Il a répondu :" Croyez-vous ?
Vous êtes la manne en carême
Je ne suis qu'un pâle voyou
Un poète aux mauvais poèmes
Un pauvre pierrot de bohème
Je ne suis pas riche d'un sou."

Elle a dit " Monsieur vos écrits
Sont le cadet de mes soucis
Tapis rouge et fleurs d'oranger
Voyage de noces au Bali
Je vous épouse tout est dit
Entrez aujourd'hui dans ma vie."

Il a répondu" Point du tout
Remballez vos airs langoureux
Jetez ces anneaux à l'égout
Pour aimer il faut être deux
On ne s'épouse pas ainsi
Surtout le jour avec la nuit.

A cela qu'a-t-elle répondu
Quel fut son argument suprême ?
Voici bientôt trente ans qu'ils s'aiment
Sans chichi sans tohu-bohu
Trente ans qu'elle dit :" je t'aime"
Trente ans qu'il lui répond sérieux :
" Pour aimer il faut être deux."

Fils de personne

Posté le 12.12.2007 par lesableausablier
Fils de personne II


Fruits de la guerre et du hasard
Nous cabotons dans le brouillard
Aucun pays ne veut de nous
Nulle maman sur ses genoux
Ne nous a tenus dans le noir
Lorsque l'angoisse pince au cœur
Même les enfants du bonheur.
Nous sommes les fils de personne.

Nous survivons au jour le jour
Entre la colère et l'amour
Grappillant au super marché
Quelques brioches pour manger
Nous ne sommes pas des vautours
C'est la vie qui nous fait voleurs
Enfin tout juste maraudeurs
Nous sommes les fils de personne.

Nous slalomons vers l'âge adulte
Gavés de mépris et d'insultes
Pour y devenir esdéhefs
Insoumis à ces petits chefs
Dont la société a le culte
Car elle doit se protéger
Rigueur et impartialité
Nous sommes les fils de personne.

Comme les chiens de l'infortune
On nous a parqués dans les dunes
dans les banlieues très loin des villes
Dans des coins pareils à des îles
Pour qu'on y crève sous la Lune
Dans un silence indifférent
Pour qu'on devienne promptement
Les morts encombrants de personne
Fils de personne 1


Fruits de la guerre et de hasard
Aucun pays ne veut de nous
Nulle maman sur ses genoux
Ne nous a tenus dans le noir
Lorsque l'angoisse pince au cœur
Même les enfants du bonheur.
Nous sommes les fils de personne.

Nous survivons au jour le jour
Grappillant au super marché
Quelques brioches pour manger
Nous ne sommes pas des vautours
C'est la vie qui nous fait voleurs
Enfin tout juste maraudeurs
Nous sommes les fils de personne.

Nous slalomons vers l'âge adulte
Pour y devenir esdéhefs
Insoumis à ces petits chefs
Dont la société a le culte
Car elle doit se protéger
En toute impartialité
Nous sommes les fils de personne.

Comme les chiens de l'infortune
On nous a parqués loin des villes
Dans des coins pareils à des îles
Pour qu'on y crève sous la Lune
Dans un silence indifférent
Pour qu'on devienne promptement
Les morts encombrants de personne.

Seize ans, la beauté du diable

Posté le 12.12.2007 par lesableausablier
Seize ans, la beauté d'Hélène



Le cabaret dans la montagne
Nous y venions dans nos seize ans.
Seize ans. Les châteaux en Espagne.
Seize ans. L'amour et ses bouillonnements.

Tu avais la beauté d'Hélène
L'auberge était ton Parthénon.
Il accueillait la souveraine
Au nom gravé sur son fronton.

Sur la banquette de vieux chêne
Tu t'asseyais telle une reine
Et se taisaient tous les garçons
D'entr'imaginer ton jupon.

Presque César, lauriers au front,
Dans les rues de Rome passant,
Le cœur gonflé, l'oeil rayonnant
J'étais alors fier comme un paon.

Tu me parlais. Tout t'écoutait.
La rose rouge dans le vase
La cheminée au front d'ardoise
Même le chat sur les chenets.

C'était symphonie que jouait
Mozart avec tout son génie
Sur l'orgue bleu du paradis,
Et que Cupidon traduisait.

Nous étions heureux. Nous riions.
Du rire des âmes sereines.
Le rire est la conversation
Des rosiers ouvrant leurs boutons.

Je te disais des mots charmants,
Ma main souvent frôlait ton corps
Tu devenais sérieuse alors
Comme l'exigeaient tes seize ans.

Mais la faim de se laisser faire
Dansait dans ton œil de charbon.
Tu pensais "oui" en disant "non"
D'u geste à peine autoritaire.

Seize ans, vingt ans, le temps filant
Le torrent porte à la rivière
Son gravier d'or mêlé de pierres.
Mois après mois s"éteint son chant.

A l'été succède l'automne
Aux baisers fous les souvenirs
Que l'on glane avant de partir
Vers cet hiver que rien n'étonne.

Tronc noueux qu'alourdit son bois,
Au cabaret dans la montagne
Je viens me ressourcer parfois
Alors la nostalgie me gagne.

Je nous revois quand nous riions
Du bon rire des âmes saines.
Le rire est la conversation
Des rosiers ouvrant leurs boutons

Qui ne savent pas que la peine
Attend cachée (poison patient)
Dans le jaune blé de la plaine
Pour en saccager la moisson

On ira au bout du serment

Posté le 12.12.2007 par lesableausablier
On ira au bout du serment

Quarante ans que tu me supportes
Quarante ans que l’on se dit « tu »
Qu’avec moi, en t’accommodant,
Tu déroules le fil du temps
Et que tu murmures « qu’importe
J’irai jusqu’au bout du serment. »

Je barcarole, je gamberge,
Je ferraille avec d’Artagnan,
Je plastronne, je me goberge
Je me conduis en fils d’Adam.
Quarante ans que tu dis « C’est bien »
A mes humeurs au quotidien.

Quarante ans que mes confidences
Blessent ta vie de leurs crincrins
Et que mes folles éloquences
Etouffent tes jolis refrains.
Quarante ans que tu dis « Mon pain,
Sera meilleur après demain ».

Quand Rimbaud m’entraîne à l’auberge
Pour m’enivrer de poésie
Que l’écriture me submerge
Jusqu’au bout âpre de la nuit,
Tu prends le vent évidemment
Et tu m’attends tout simplement.

Je dis évidemment - parole !-
On ne peut plus inconsciemment
Car tandis que je caracole
Sur l’écume houleuse du temps
Pour atteindre l’île aux sirènes
On arrive à la septantaine.

Et l’on voit déjà le quai sombre
Encombré des –je ne sais quoi –
Peut-être sont-ce les décombres
Ou les reliques d’autrefois ?
Quarante ans que tu dis « C’est là
Qu’on vivra enfin toi et moi. »


Quarante ans d’un long monologue
Des fils dorés aux fils d’argent
Quarante ans que tu me supportes
Quarante ans que tu dis « Qu’importe »
Quarante ans que j’oublie de dire
« Merci, je t’aime le sais-tu ? »,

Si ma vie fut longue et tranquille
Je te le dois évidemment
On ira au bout du serment
On a fait le plus difficile.
Et tu me dis en souriant
« C’est ce qui compte évidemment. »

Le vin

Posté le 12.12.2007 par lesableausablier
Le vin

Il est doux quelquefois à l’amant solitaire
Quand vient le soir pesant poser sa cape d’or
Sur le coteau charmant où le soleil s’endort
Ivre d’avoir goûté aux grappes séculaires,

De venir respirer heureusement cet air
Où les alcools du vin depuis la jeune aurore
S’échappant des amphores que Lucifer honore
Mêlent leur vive ardeur au flot de la lumière.

Ici le vin d’hier et le vin d’aujourd’hui
Mélangent les bouquets éthérés de leurs fruits
Depuis ce jour béni où Noé distilla

Cette grappe mûrie que Zeus lui accorda
Et s’enivrant sombra dans l’ivresse qui porte
Au malheureux l’oubli de sa maîtresse morte
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