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Nom du blog :
lesableausablier
Description du blog :
Tous les poèmes de ce blog sont de ma plume. J'essaie d'être lisible. Bonne lecture. SMR
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
19.04.2006
Dernière mise à jour :
02.05.2008
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.............

Posté le 22.02.2008 par lesableausablier



Si tout commence chez Rimbaud
Tout finit chez Victor Hugo

De la poésie

Posté le 19.02.2008 par lesableausablier
De la Poésie


La poésie n'a plus de chants
Quelques balbutiements peut-être?
Comme au vieux qui va cesser d'être
Tout lui devient indifférent.


Elle n'ose plus aux aurores
Penchant sur l'osier du berceau
Sa longue chevelure d'or
Caresser l'oiselet éclos,

Puis faisant un signe de croix
Lui dire "tu seras poète
Sois toujours digne de mon choix."


Car l'Olympe a fermé les voies
Vers son temple où l'éternité
Distille ses rumeurs sacrées.

Spleen

Posté le 16.02.2008 par lesableausablier

Spleen

Nous revendiquons ces coups de trompette
De nos amourettes au goût de cachou
Dans ces beaux antans loin de ces buvettes
Où nous dépensons notre dernier sou.

Il fallait nous voir conter la bluette
Avec cet accent faux des andalous
A la midinette au regard honnête
Dont nous dérangions dentelle et froufrou.

A vingt ans l’on peut tout envisager
Nous buvions la vie à pleines goulées
Nous avions la reine aussi la dauphine

Chaque jour était comme un jour férié
Mais après la joie est venu le spleen
Pas question ici de rien regretter.

Carnaval

Posté le 16.02.2008 par lesableausablier
16 février


Carnaval


Mandolines et violons
Ont délaissé le carnaval
Cupidon ailleurs donne un bal
Dont montent dans l’air les flonflons.


Le mystère des dominos
Les masques les loups les cagoules
Je leur préfère sous l’ormeau
Tes yeux pareils à des émaux.

Quand je dis tes yeux, interprète !
Bien plus encor si tu le veux
Car tout de toi est délicieux
Comme du printemps les fleurettes.

Mandolines et violons
Ont délaissé le carnaval
Cupidon ailleurs donne un bal
Prends ma main. Serre bien. Courons

Parcourons dix lieues s’il le faut
Mais à tout prix nous y serons
Carnaval est un faux bouffon
Abandonnons-le tout de go

Tournez fandangos et tangos
Le ciel soudain n’est plus si gris
Chantons l’amour croquons la vie
Buvons-en le vin à gogo.

Carnaval est un gros bouffon
Abandonnons-le tout de go
A ses grimaceries de squaw
A ses pitoyables sermons.

Volons sous le ciel sans reproche
Tout de toi est un paradis
Cette étoile là-haut qui luit
Si tu la veux je la décroche.

Mandolines et violons
Ont délaissé le carnaval
Cupidon ailleurs donne un bal
Et tout va finir en chanson.

Aube

Posté le 15.02.2008 par lesableausablier
Aube

L'aube est neuve Il court sur les toits
Des musiques de bergerie
Un prêtre d'Eros officie
Dans les alcôves d'Athéna.

Le ciel s'éclaircit seringats
Et magnolias ragaillardis
Avec talent et fantaisie
Imitent les alonzoas.

Sur le domaine du brochet
Qui sous sa roche est aux aguets
Un dernier feu follet gambade

Un grand coup de balai encor
Tout est prêt ! Comme à la parade
Peut s'avancer le soleil d'or.

ode à Paris

Posté le 14.02.2008 par lesableausablier
Ode à Paris

Gloire à Paris ! Gloire à la Seine !
A ses fragrances du passé…
Quand sur le pont neuf y dansaient
Comme papillons sur le pré
Avec les tonneliers, les reines,
Les princesses avec les rouliers.

Gloire à Paris, à ses poètes,
A ses fils des temps révolus
Qui perdaient leurs jours dans des quêtes
Aux saveurs de fruits défendus
Pour des amours sentimentales
Qui ne durèrent jamais plus
Qu'un matin de brume à Pigalle.

Gloire au Paris des aubes fraîches
Lorsqu'aux casernes les trouffions
Rêvant de conquérir le Reich
Et d'y chanter la Madelon
Jusqu'à mourir la gorge sèche,
Astiquaient leurs décorations.

Gloire à ce fleuve et ses pontons
Qui roulait au fil des courants
La gabarre et ses cargaisons
De ces pinards aux noms chantants
Soleils des lointaines régions
Pour les agapes des Bourbons.

Gloire au fleuve quand on y pêche
Dans l'onde noire des noyés
Venus d'Oran ou Marrakech
Survivre en clandestinité
Puis y succomber dans la dèche
Terre commune aux émigrés.

Gloire à Paris, à ses piétons
Qui tant et tant l'interpellèrent
Aurores et soirs en chansons
Complaintes graves ou légères
Et, faut-il que l'on se souvienne
D'Apollinaire ou de Verlaine ?

Pont Mirabeau, quai de Javelle
C'est tout Paris qui vous sourit
Quand vous baise un vol d'hirondelles
Vous êtes la France éternelle
Malgré qu'aux berges de Neuilly
On se joue des démocraties.

André Salmon, Arthur Rimbaud
L'immortel voyou des Ardennes
Venu jeter dans cette Seine
Erreurs de jeunesse, ses poèmes
En criant :"Liberté, je t'aime,
Ici, je noie la Poésie.

Gloire à Paris, gloire à la Seine,
A leurs fragrances du passé
Quand sur le pont neuf y jonglaient
Comme papillons sur le pré
Avec Diderot, les idées
Avec Rousseau, la liberté.

11 février

Posté le 11.02.2008 par lesableausablier
11 février

Sur les vitres bleues plus de givre
Le gel ne pince plus les doigts
La nature a ouvert le livre
A la page du mimosa.


On avait bien senti dans l’air
Depuis quelques jours des frissons
Il flottait au crépusculaire
Comme des bribes de passion

Plus de questions ! Plus de secrets !
La vérité éclate enfin
Quand le soleil radieux paraît
Rose de bonheur et de teint.

Finies les censures du froid,
L’hiver, tyran de nos chaumières
Discrètement marque le pas
Ses bagages sont prêts. Il s’en va.

Au jardin l’amandier ravi
Couvre ses branches de dentelles
Sa parade blanche interpelle
L’abeille qui près de lui, bruit.

Aucune hâte, aucune grogne !
La glace fond. La neige aussi
Chacun s’affaire. Les cigognes
Ont déjà ravaudé leur nid.

L’eau libérée de son carcan
Dévale les pentes moussues
Saute, bondit, met du talent
Dans le moindre de ses abus.

Son logis fait au creux d’un tronc,
Le merle donne de la voix.
Le hibou sans hausser le ton
Veille au bon respect de la loi.

Rien ne s’affole .Tout s’emballe.
La violette timidement
Sur les orées ouvre le bal
De l’éternel enchantement.

La forêt cache ses squelettes
Sous des prétextes de bourgeons
Frênes et ormes font la fête
A l’écureuil et au pinson.

Dans le hallier la biche broute
L’ombre fraîche des brins nouveaux
La rosée au menu ajoute
Les saveurs de l’eldorado.

Même sous son toit le poète
Jette au feu les feuillets noircis
Et contemple de sa fenêtre
Jeanneton qu’il trouve grandie.

Il est perdu pense la mouche
A voir la lyre abandonnée
Car Cupidon au printemps touche
Même les cœurs les plus fermés.

Au diable stylos et crayons
Dans les prairies d’or tout de go
Allons avec les papillons
L’écrire une ode au renouveau.

Où peut-être un ode à l’amour
Va savoir ce que printemps veut ?
Le givre semble pour toujours
Des cœurs avoir quitté les lieux.

sr

Wissant

Posté le 10.02.2008 par lesableausablier
Wissant

Je viens de retrouver l’image
D’une photo prise en juillet
Sur une plage vers Calais
Entre deux conflits de nuages.

Le soleil avait dû briller
Juste l’instant de ce cliché
Car très souvent il prend le frais
Et ne brille pas pour de vrai.

J’ai fixé sur la pellicule
Cet instant de bonheur parfait
Cela semble un peu ridicule
Mais y succomber chacun sait.

Je me souviens de tout de toi
Si jolie dans ta robe fraîche
Avec sur le front cette mèche
Que tu tournais entre tes doigts.

Négligeant la pelle et le seau
Des enfants couraient au rivage
D’autres glanaient des coquillages
Qu’ils rangeaient en tas inégaux.

Je me souviens comme d’hier
Des tuiles grises sur les toits
Des cabanons aux murs de bois
Des bunkers rongés par la mer.

Je revois ces rafiots usés
Aux flancs fatigués par l’usage
Qui attendaient à l’échouage
Que sonne l’heure de la marée.

Des passagers au bastingage,
Un ferry passait quelquefois
Les goélands dans son sillage
Se chamaillaient pour quelque proie.

Comme d’hier je me souviens
Des senteurs de barbe à papa
Et du goût d’ambre et de jasmin
De nos baisers de premier choix.

Je viens de retrouver l’image
D’une photo prise en juillet
Sur une plage vers Calais
Entre deux conflits de nuages

Un souvenir

Posté le 09.02.2008 par lesableausablier
Un souvenir

Sur ce banc où l’ombre se pose
D’une rose presque fanée
Nous venions défendre la cause
De savoir toujours nous aimer.

Nous regardions le soir tomber
L’oiseau jouer sur la prairie
Et dans le ciel blanc les nuées
Ouvrir les portes de la nuit.

La vie déroulait à nos pieds
Ses tapisseries andalouses
Quel âge avais-tu ? Dix années
Et moi sûrement onze ou douze.

Tu me disais les mots sucrés
Des fillettes qui savent tout
Et je cueillais d’un doigt distrait
Des pensées dans tes cheveux roux
.
Nous avions la vie devant nous.
Tu en doutais avec tristesse
L’avenir est un mange tout
Un ogre croqueur de jeunesse.

Nous ignorions l’art de l’amour
Pourtant nous devinions en nous
Gronder des désirs tour à tour
Ludiques maladroits ou fous.

Lorsque tendre soudainement
D’avoir aux cieux les nuages
Mêler leurs membres rudement
Dans la confusion d’un orage

D’un doigt coquin montrant ta joue
Audacieuse tu murmurais
« Donne-moi là un gros bisou,
Un aussi gros que tu pourrais ».

Avec les pudeurs de notre âge
O bonheur je m’exécutais
Mais tu soupirais -Qu’il est sage,
Avec dans le ton des regrets »

Puis tu t’enfuyais tel un daim
Légère comme un papillon
En pouffant les garçons c’est bon
Mais pas pour -les innovations.

Mot charmant qui contenait tout
Ce que les fillettes soupçonnent
Des humeurs de leur coeur qui bout
Quand rien chez les garçons s’étonne.

La vie nous rudoie nous maltraite
Nous renie sans explication
Dans la subtile et pauvre quête
Du bonheur et de ses raisons.

J’ai pas su les innovations
Pour te garder quand la camarde
T’a kidnappée sans discussion
Une nuit d’automne blafarde.

Sur ce banc où l’ombre se pose
D’un blessure mal fermée
Je viens souvent poser la rose
Et les épines du regret.

Au diable lyres et violons

Posté le 09.02.2008 par lesableausablier
Au diable lyres et violons


J'avais dans l'âme des concerts
Et sur les lèvres des baisers
Mais je vivais en solitaire
Copiant Robinson Crusoë
Fourvoyé dans le monde clos
Des chimères et des bohèmes
J'écrivais de fades poèmes
Que je croyais de purs joyaux.

Breton, Rimbaud étaient mes maîtres,
J'appréciais leurs vins capiteux
Ayant le goût des belles lettres
J'oubliais l'amour et ses jeux.
Cupidon, conseiller sincère,
Me murmurait le soir venu
"Peux-tu me dire à quoi te sert
D'avoir vécu comme un reclus ?

Tu te cloîtres dans ta tanière
Pour ressasser de vains débats
Et ta jeunesse est une terre
Où le froment ne germe pas.
A s'enterrer en ce néant
Pour fouiller de maigres jachères
On se prépare des printemps
Sans violettes ni primevères.

Au diable lyres et violons
Vivre c'est se montrer c'est être
Dom Juan chantant au balcon
Ou Cyrano sous la fenêtre.
Ouvre les yeux ouvre ton cœur
Ressaisis-toi Mais sans tarder
Le temps est un maître frondeur
Il chausse trape sans pitié.

Laisse à d’autres tout ce fatras
Mets à l’encan tes bateaux ivres
La vie mérite mieux que ça
L’amour ne naît pas dans les livres
Mais dans le cœur pur des Suzon
Qui n’ont souci que de te plaire
Que de te soustraire à l’ennui
Par la justesse de leur ton

N'aie pas de regrets, vois ! Les muses
Ont brisé leurs beaux instruments
Harpes, pipeaux flûtes s'excusent
D'avoir eu de mauvais penchants.
Reniant leurs offices elles musent
Dans l'eau plate des faux semblants
Humblement même elles s'accusent
D'avoir détourné des torrents.

Le poète aujourd'hui abuse
Des vertes prairies autrement.
Il vit. Il conquiert. Il s'amuse
A suivre ses plus doux penchants.
Du seuil de son septième ciel
Avec force énergie il crie
Que les tendres bras des belles
Sont l' accolade de la vie.

Vois la lune monte .L'oiseau
Dans l'ombre séduit son oiselle
Le ver luisant sous la tonnelle
S'apprête à des frissons nouveaux
Fais comme lui .Si tes concerts
Ouvrent les portes du bonheur
Tu auras fait œuvre première
Dont tu savoureras les fruits.

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