Posté le 07.03.2007 par lesableausablier
A bribes abattues 3
Un poème a quatre horizons
La vie hélas n'es a qu'un
Les hommes quittent leur prison
Pour devenir de froids défunts.
--
Posté le 07.03.2007 par lesableausablier
A bribes abattues 2
Peindre comme Watteau
Jouer comme Mozart
Et puis comme Rimbaud
Se brûler à son art.
Posté le 07.03.2007 par lesableausablier
A bribes abattues
Du souvenir de nos anciens
La rime est un bel héritage
Elle est le goût craquant du pain
La rose fleur du beau langage.
Posté le 02.03.2007 par lesableausablier
L'étranger
Il est entré dans cette auberge
Avec du soleil plein les mains
Coupant net à tous les refrains
A tous les propos de concierges
Posant son argent sur la berge
De la table en planches de pin
Il a demandé trois asperges
Un peu de pain un verre de vin
Il a mangé triste sous verge
Dans un silence patelin
Piquant du nez dans son festin
Dans ses plus que soixante berges
Puis il a quitté cette auberge
Avec au cœur la même faim
Avec moins de soleil aux mains
Avec ses plus que soixante berges
Posté le 02.03.2007 par lesableausablier
A un poète élitiste….
Vous avez écrit en poète
Commis des livres bien nourris
De beaux textes un peu casse-tête
Parfois aussi entre ombre et nuit
Vous avez garni les boutiques
De vos graves supercheries
De vos strophes métaphysiques
De vos clinquantes rêveries
Mais le lecteur n'a pas suivi
Qui préfère le vin des barriques
Aux jus d'une distillerie
Pour le moins métalinguistique
smr
Posté le 02.03.2007 par lesableausablier
Le vieux livre
J'aime ce volume écorné
Marqué et souillé par la vie
Avec ses pages déchirées
Ses illustrations défraîchies
Les enfants aux doigts malhabiles
En le feuilletant l‘ont marqué
De confitures inciviles
De grasses taches de pâté
Chaque page s'est enrichie
De confidences apocryphes
D'indéchiffrables hiéroglyphes
Qui agacent les érudits
Rendant même dubitatifs
Les mordus de bibliophilie.
Posté le 02.03.2007 par lesableausablier
Par le chemin tenace et volontaire
Et opiniâtre aveuglément
Comme les lignes de la main
Par le chemin noir de la vie
Dans les ornières et la poussière
Nous nous poussons infiniment
Pour des conquêtes et des requêtes
plutôt de nains que de géants
Jour après jour confusément
Par le chemin cruel et vain
De nos ébats utilitaires
Par le chemin qui va boîtant
Pour des conflits de parentage
Jusqu'au sommet du nouvel âge
Par le chemin aveuglément
celui de l'éternelle absence.
smr
Posté le 02.03.2007 par lesableausablier
Carnet
Le regard de la pierre
La douceur de la mousse
La métaphore de l'absence
La poussière des sons
et leur lumière
la forme du passé
L'appartenance au doute
Voilà la réalité
La crudité des dents
la cruauté du gel
La possession de l'ombre
Le défaut d'un présent
comme une déchirure
Le dépot de la cendre
La main se retenant
du désir de maudire
Voilà l'autre clarté
Le champ qui se malmène
Entre quatre passions
La vie source et carème
Dans ses trébuchement
Voici voilà
la bulle d'avenir.
smr
Posté le 02.03.2007 par lesableausablier
[i][b]Du bienfait de se taire
Pour ne pas déplaire en voulant trop plaire.
Ou "le parisianisme habituel"[/b][/i]
Je ne parle plus qu'à voix basse
Je n'écris plus qu'à mots feutrés
J'ai plus envie d' mécontenter
Aux allusions je fais la chasse.
Plus question de faits qui tracassent
De doubles-sens mal compris
Si j'entre à l'église je prie
Et me replie dans ma carcasse.
Tout est beau tout est raisonnable
Bravo bravo tous les notables
Les partis pris d'arrache cœur
D'ailleurs comme est bon ce silence!
Cette confortable torpeur!
Je pose ma plume et je pense
Que rien penser parfois est bon.
SMr
Posté le 02.03.2007 par lesableausablier
Avril
Quand l'avril des petits matins
Frileux comme le poussin
Entrouvre les horizons clos
Derrière l'enceinte des roseaux
Où l'étang souffle mufle et groin
Comme à la traque le doguin
Qui course la laie au regain
Pour des agapes de sang chaud.
Quand l'avril dans le quotidien
Timoré comme un boulingrin
Décide d'aller au jardin
Où la rose éveillée à peine
Desserre sa robe de laine
Sentant festonner des festins
Sous son corset de séraphin
Dilaté d'envies de pollen.
Quand la lune se lève rousse
Sur les monts des quatre chemins
Que sur les fumiers tièdes gloussent
Pérorant comme des corbins
Les plus hardis des coquebins
Qu'une cour vigilante entoure
Avec des querelles d'atours
Des caquètements .
Eros qui a fil à la patte
Dans le confort de l'hiver moite
Entonne son magnificat
Jetant au sol col et cravate
Il songe l'air un rien narquois
Qu'il est sain saisir au bain
Les Vénus aux teints de plâtre
smr