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lesableausablier
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Blog Livre
Date de création :
19.04.2006
Dernière mise à jour :
12.07.2008
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Enfance

Posté le 23.03.2007 par lesableausablier
9

L’enfance a ses maisons de vignes et de vendanges.
Aux vitres allumées par l’appel du verjus
Sont collés les insectes étranges du désir.
Sur le sol qui les mène peu à peu à l’hiver
Les lourds charrois du temps lentement s’ensommeillent,
Lentement, les charrois que la mort interpelle.

Il fait gris par là-bas au-delà du jeune âge.
En procession, les heures pour des joutes grimées,
Passent du ciel d’azur aux cieux décolorés.
Cliquetis indécis, dans les serrures tournent,
Les clefs rougies au feu dans automnes annoncés
Et les tombes ouvertes de feuillages bleus saignent.

Si le canal trop mort, perdu, comme damné
Garde le souvenir des anciens bateliers,
Les hautes maisons noires se défont en silence
De ces enfants hâbleurs aux rires mutilés
Et jettent dans la fosse que les ans passés creusent
L’ombre aérée des lieux que la vie a touchés.

L’enfance a ses maisons fortuites de sarments.
Sur le flanc du pays que les orages blessent,
Bibliques et rebelles,elles élèvent leurs murs
Qu’un architecte fou a jadis dessinés
Et les vieillards hautains hantant leurs corridors
Soufflent sur les doigts maigres d’illusions envolées.



--

Les anciens

Posté le 23.03.2007 par lesableausablier
Les anciens

Visages de masques, pays de pain, cœurs pleins d’amour,
Ils étaient une peur qui se refuse à plaire.
Chaque vague du temps dans sa poitrine vide
Étreignait leurs narines de ses parfums puissants.
Leur vie cruelle, morsure de terre cuite,
Avançait ses haillons comme des fruits tombés.
Mais ils ne fleuraient plus l’ambre des étincelles.
Le feu mourait confus d’être ainsi méconnu.
Leurs paroles saignaient des océans sans rides.
Ils savaient bien cacher l’ombre feue des navires
Que sortait de ses poches l’île des souvenirs.
Ils soupiraient transis au bord de leurs sourires
Oiseaux frileux blottis dans le nid inutile*
Enveloppés des deuils des saisons consommées.

Programme électopoéral

Posté le 22.03.2007 par lesableausablier



Je donnerai
Des pommes et des poires
A la lettre P

Des fenêtres et du foin
Pour la lettre F
Faudra y penser

Amour amitié
A la lettre A
Seront programmés

Mais les autres lettres
Quel saint leur donner
A Quel sein les sevrer

Mais les autres lettres
Mais les autres au fond
D’un lac les jeter.

morceau de bravoure

Posté le 22.03.2007 par lesableausablier
la pie


La pie n’happa pas
le morceau de ciel
le morceau de bleu
Qui là-haut s’en va

la pie n'happa pas
pas pas pas pas pas

vieille chanson

Posté le 22.03.2007 par lesableausablier
Vieille chanson




Je marche
ô gué la route
Je marche sans penser
Comme vont les pensées
Vers un but incertain

Je marche
ô gué le vin
Les cigales me portent
D’un antique refrain
Jusqu’au bout de mes ondes

Je marche
ô gué la vie
Au bord d’un précipice
Car la route est plus lisse
Qu’un soleil de juillet

Je marche
ô gué l’instant
Même l’ombre hésite
A courir au sillon
Avec les cris du monde

Je marche
ô gué l’amour
Pour faire le bon compte
Sur une peau plus blonde
Qu’une lune d’été.

Le voleur de mots

Posté le 22.03.2007 par lesableausablier
Le voleur de mots

Le vent
dessus la mer jolie
A emporté mes mots
Mes mots d’endroit et d’envers
Mes mots bleus mes mots blancs
Mes mots verts mes multicolores
Mes mobiles mes émouvants
Mes mots écrits à l’encre feue
A l’encre d’or de l’amourette
Sur les ardoises roses du sang

Le vent
Entre ses dents de vent
Les a portés à l’océan
Leur a donné de sa voix claire
Tous les aigus inconvenants
Ceux qui sans eux
Sur les eaux claires
Faisaient le tour des continents
En aboyant
Sur tous les champs
Où pousse la simple amourette
Celle des printemps aux lis blancs

Le vent
Vers les terroirs sans tain
A porté mes mots de lumière
Mes mots forgés dans l’habitude
Ceux qui rampent dans le commun
Ceux que le chat en ronronnant
Mâchonne dans sa gueule de chat
Pour encourager le silence
A donner son or au présent
Pour des poèmes d’insouciance
Des textes de bonheur doré
Comme les lunes d’équinoxe

Le vent
Sur son aile électrique
A emporté mes longues listes
Déclinées comme l’alphabet
En alphabel En alphabeau
Rangés comme dans le chapeau
De l’illusionniste les lièvres
Pour des parades de mystère
Dans le cœur bleu des demoiselles
Mortes comme fleur d’après rêve
Au bord d’un baiser espéré

Le vent a emporté mes mots
Mes oiseaux d’août mes oiseaux doux
Mes musaraignes au nez pointu
Puis les ayant laissé partir
Dans des envolées de pétales
Vers les hivers où les hiboux
Veillent la nuit au bord des granges
Avec les anges
Le vent seul nous en reviendra
De ce périple tapageur
Ayant appris d’eux le par chœur
De la douceur de la douleur
De la plénitude charmante
Des amoureuses amourettes
Le vent seul nous en reviendra
Souffler de son mufle froid
Dessous nos toits aux lauses bleues
Ses graves complaintes amoureuses
Celle qu’on écoute en pleurant
Quand la nuit déchire sa robe
Aux buissons noirs du temps mourant.

De temps en temps

Posté le 22.03.2007 par lesableausablier
De temps en temps

Et tant

de temps en temps
Je ferais si
je ferais ça
Je ferais
je ferais
si
Si j'avais le temps
de temps en temps

Et tant
de
peut-être que
j'oserais si
j'oserais ça
J'oserais
J'oserais
Si j'avais le temps
de temps en temps

et tant
de
j'aimerais bien
J'aimerais si
J'aimerais ça
J'aimerais
J'aimerais
Si j'avais le temps
de temps en temps

Et tant
et tant

de temps en temps
Et tant
de peut-être que
Que l'on se voit
en fin de temps
sans faire autant
qu'on aimerait
avoir osé
de temps en temps


Air connu

Posté le 22.03.2007 par lesableausablier

Tu nous turlupines


Tu nous turlupines
tu nous turlupines
Poète poète
Tu nous turlupines
Pas tant pas tant qu' ça
On le f' ra durer
Sans décompte à re
Sans décompte à re
Décompte à rebours
Notre temps d'amour
Poète poète
Notre temps d'amour

On la gardera
on la gardera
Au bord des piscines
Notre taille fine
On n'est pas Régine
Finie la cuisine
finis les foies gras
la graisse assassine
Viv' l'eau de badoie
On l'entretiendra
Poète poète
On l'entretiendra
Notre temps d'amour

Les quatre saisons
Pour nous seront fêtes (faites)
La science nous crée
de bonnes potions
Et des teints de fond
Qui joints aux prothèses
Et autres liftings
Nous ferons durer
Plus que tu le dis
Alors veille veille
Alors veille à toi
Poète poète
Alors veille à toi

Ton ventre dodu
Ton triple menton
Tes tempes de neige
Et tes rides au front
Soucie-t-en un peu
Poète poète
Soucie-t-en un peu
Arrête la bière
Si tu si tu veux
Veux encor parfois
Poète poète
Venir dans les bois
Avec nous cueillir
Cueillir cette fleur
Que seules l'on a
Poète poète
Que seules l'on a.
,

Improvisation

Posté le 22.03.2007 par lesableausablier
Improvisation
A dame Lune et Philippe.
La dernière pour la route
Car je suis sous pression!
Serge


Tant pis pour les bonnes manières
Que l'on se fait entre copains
La kronambourg ou la Chimay
Avec foie gras toasts et pâté
À la terrasse des cafés
Désormais même si c'est dur
Pour mon bedon la refuser
Je le ferai je me le jure
De maintenant à désormais
D’ailleurs ma femme dit toujours
Tu as copié le sacristain
Qui voulut flatter son évêque
Qui lui copie le cardinal
Qui sait trop se tenir à table
Et y dépense nos deniers
En se ravageant la santé

Et blablabla et blablablain!
L'amour avec toi c'est lourd
Comme le « baiser » de Rodin!
ou d' tes copains les calembours.

Si vous permettez les copains
Plus de tabac plus de gamay
Plus de beaujolais du matin
Plus de sport le verre à la main
Tant pis pour les bonnes manières
Je saurai tout vous refuser
Hormis cette franche amitié
Qui nous unit depuis des lustres
Depuis qu'ensemble on a fumé
Notre première lucky strike
Et tiré plus vite que nos ombres
Sur les donzelles du quartier
Dont la hanche plus que parfaite
Nous incitait à plastronner

Et blablabla et blablablain!
L'amour avec toi c'est lourd
Comm' le baiser de Rodin!
J’en ai très gros sur les reins.


Plus de Bergers plus de pressions
Plus de pernod qu'on boit sans soif
Question d’aniser son menton
En le doublant sans y fair' gaffe
En s'éloignant d' gaston la Gaffe
Qu’est pis qu'arête de poisson
Je vais m'acheter une balance
Noter toutes mes décisions
Sur la porte blanche de la cave
Où mûrissent mes chères boissons
Mais si je le puis encor
Mesdames je vais consommer
Une dernière mousse pour la route
Question de m'encourager
A devoir m'en abstenir
.

Et blablabla et blablablain!
La vie sans elles ça sera lourd
Comme une journée sans amour
Comme un' chanson sans refrain

A votre santé les copains.
Hips! Hips, ché bon hips hic hic cha!
Je veux dire ' chètte chet’mouche
bouche' couch’ couche' mousse hips!

ballade surréaliste

Posté le 22.03.2007 par lesableausablier
Ballade surréaliste(version 2)


Jouer du cor ou de la flûte
Jouer surtout n’importe quoi
Du tambour Ou du mirliton
De la batterie pourquoi pas
Quand le ciel se vide les tripes
A Grands coups de feu et de voix
A grands seaux d’acier et de plomb
Sur les villes émasculées
Quand les chers corbeaux d’autrefois
Avec les morts de bon aloi
Font des causettes de principe.

Jouer à craque allumettes
A croque mort à suce bois
Bois de crayon bois de réglisse
La main posée sur le calice
Les ongles taraudant la croix
Croix de fer jolies croix de bois
Parfumées du laurier stupide
Quand les chers corbeaux d’autrefois
Dans les églises émasculées
Avec des morts de bon aloi
font des prières de principe

Crever d’envie dans des supplices
Crever dans ces vastes opéras
D’acier de larmes et de principes
Criminellement orchestrés
Sur les théâtres émasculés
Quand les chers corbeaux engraissés
Par les provendes militaires
Entonnent leurs chansons guerrières
Couacs croacs croa crois pas
Avec les morts de bon aloi
Aux puanteurs divinisées

Jouer à craque allumettes
A feu de joie à meurs d’effroi
A suce sève A mort t’invite
A noie-toi dans ton encrier
Sous le béton de tes colères
Quand l’amour et la mort s’étreignent
Dans les alcôves émasculées
Où les chers corbeaux d’autrefois
Repus reposent fiers et droits
Auprès des soldats maladroits
Au décorations de principes.


Jouer du cor ou de la flûte
Jouer surtout n’importe quoi
A mort-vivant à mort me touche
Pour ne pas entendre monter
Les couacs croacs croas-tu pas
Des chers corbeaux des autrefois
Sur les villes émasculées
Lorsque les morts de bon aloi
Font des causettes de principes
Devant les bouches du néant
Avec les anges de service.

Jouer du cor ou de la flûte
Jouer à ne plus être soi
A ne plus aimer les principes
Ni les chers corbeaux d’autrefois
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