Posté le 31.03.2007 par lesableausablier
Les fruits vont par paire ! re prêt à...
Vous qu’à ne pas nommer, je nomme tant et tant
Beaux fruits qui apportez vos alcools à mon âme
De vos quatre saisons j’encourage la flamme
Car de mes vœux vous êtes les pairs représentants.
De ces guignes rigides, dont je peux m’écartant
Sentir les flux légers dont la marée s’enflamme
En voyant au sillon où la rigueur s’entame
Monter du cep noueux le sarment important.
Je ne vous dirais rien car mon vœu conjuré
Agréé à leurs vœux pour un jeu désiré
S’occupe à dénouer des fluides non pareils
Pour qu’étant assouvies, vers un ciel admirable,
S’envolent réunies en un vol agréable
Les graines nécessaires à unir les soleils
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Posté le 31.03.2007 par lesableausablier
Qui l'eut cru! (Prêt à rimer)
Qu’on me serve céans ce vin que j’aime tant,
Ce nectar souverain qui raffermit les âmes,
Ce vin qui vit Noé recomposer sa flamme,
Pour des oeuvres nouveaux l’allant représentant.
Qu’on me porte au tonneau, très vite en écartant
Ces verres ridicules qui jamais ne m’enflamment.
Pour que du foudre neuf que ma main ferme entame
D’un geste pour toujours divin et important
Coule le flot sacré à ma soif conjuré.
Afin que son torrent fortement désiré
Régénère le flux des outils non pareils
Pour que sur le lin blanc je puisse admirable
Satisfaire les vœux ô combien agréables
De celle dont les traits éteignent les soleils.
Posté le 31.03.2007 par lesableausablier
On est le lieu où l'on grandit
On se croit grand on se croit fort
On se projette dans l'avenir
Avec ses navrants souvenirs
Avec ses jades et ses granits
Avec ses perles d'élevage
Mais l'on n'est jamais sur la dune
Qu'un colosse aux pensées d'argile
On est le lieu où l'on grandit/
on se croit soi on se croit autre
On se vêt de lin et de soie
on se déçoit on s'encourage
On admire les grands voyageurs
Les petits lieux de nos bonheurs
on les cache sous le feuillage
Des automne de la douceur.
On se lave dans l'eau de source
On est le lieu où l'on grandit
On se croit soi Hiver et neige
Eté soleil de pauvres fruits
On se croit tout On fait du bruit
On est le bruit de nos kermesses
On est le lieu On est la pierre
On est la messe de dix heures
Le fantôme de nos minuits
On est le lieu où l'on grandit
On est l'ombre que l'on projette
On joue à chat à la marelle
On est la saison en enfer
On est la plage on est la mort
On est la lumière de l'étoile
On est le halo de la Lune
On est le lieu où l'on grandit
L'arbre retenu au noyau
D'un fruit qui n'est pas la prune
ni la pomme ni le néant
On lui donne de la tronçonneuse
On fait des études sérieuses
On est la maison qui grandit
La racine le lieu béni
Que ne fréquente pas la camarde
On est le lieu où l'on grandit
On y triche de toutes façons
On y parle l'accent des autres
On s'y inscrit en jour de pluie
Ony vieillit carpe sous la roche
C'est l'éternel pays du rien
L'immense vide des journées
On est le lieu de ses audaces
On est le lieu où l'on grandit
et l'on se blesse de silence
l'on s'écorche à l'arbre de vie
On cultive mal ses trois roses
Démocratie amour Liberté
le pain qu'on coupe fut glané
Le sel suffit de le prendre
Dans la fontaine aux oiseaux
On est le lieu où l'on grandit.
Posté le 31.03.2007 par lesableausablier
Le lieu où j'ai grandi
(publicité)
Le lieu de l’enfance
Cette pierre dans la rivière
Ce bord de chemin défleuri
Ce carrefour et son calvaire
Ce prêtre noir et ses hosties
C’est le pays où j’ai grandi
Sans savoir et sans poésie.
Ce bruit de bottes dans la nuit
Ces signes de croix des grand’mères
Ces histoires de crucifix
Ces crucifiés pour faits de guerre
C’est le pays où j’ai grandi
Sans amour et sans poésie.
La fin des temps d’ignominie
L’espoir d’un nouvel univers
Dans une Europe à l’agonie
Qui célèbre ses militaires
C’est le pays où j’ai grandi
Sans avenir sans poésie.
Les premiers poèmes écrits
Sans bien savoir trop quoi en faire
Ça paraissait une embellie
Dans ce pays où j’ai grandi
En attente de vraie poésie.
Et puis assez de commentaires
La pierre dort dans la rivière
On a mal jeté les fusils
Mis au clou Dieu et ses lumières
Dans ce pays où j’ai grandi
En me cachant en poésie.
Posté le 31.03.2007 par lesableausablier
SAM SUFY :paradis !
Dans la banlieue sévère, sinistrement maussade,
Je cultive mes choux et mes plants de salade
Dans un vaste lopin de quatre ares et demi
Sur lequel j’ai bâti ma villa « Sam Sufy» :
Une basse demeure que je paie à crédit.
J’ai longtemps hésité à la nommer ainsi.
Mon épouse voulait l’appeler « La Do Ré »
Je reconnais bien là son âme musicienne !
Nous avons adopté une adorable chienne
Qui aime le facteur et surtout ses mollets.
smr
Posté le 31.03.2007 par lesableausablier
Chacun y reconnaît les siens.
Peut-être que la négresse est blonde !
Peut-être qu’ivre est le bateau !
Peut-être lundi rue Christine
Se jouera la Dam’ de carreau.
Peut-être que le cancre y brille
Dans la cage avec les zoiseaux ?
Peut-être que le proême polisse
Les neurones de l’Adam nouveau…
Peut-être que Georges bataille,
Qu’enfer-les-mines s’enthracite
Ne disant mot des mimosas.
Peut-être que ? peut-être que pas ?.
Quand surgit le facteur Cheval
Debout tout droit sur son Dada !
smr
Posté le 23.03.2007 par lesableausablier
Le rouge-gorge
De ce tendre rendez-vous…
Tendre pour qui ? Je m'interroge!
Je n'ai gardé qu'un mauvais goût
Celui d'un vacarme à l'horloge
Celui d'un couac dans la gorge.
Tendre à qui? Je m'interroge!
Vous, vous interrogez-vous?
Porcelaines de mes Limoges,
Cassés, brisés dans la gadoue
Gisent mes rêves les moins fous.
Vous, vous interrogez-vous?
Printemps mauvais fait bel été.
Ames sans dessus dessous
Sauraient moissonner des blés
Semés, mûris sans garde-fous.
Printemps mauvais fait clair été.
Pour le moment le rouge-gorge
Sur la neige s'est pétrifié;
Dirait-on pas que sa gorge
Saigne de nos simples baisers?
Pour le moment le rouge-gorge
De notre amour mort se déjoue.
L'amour, mortel coupe-gorge
Que souvent l'homme bafoue
Laisse un goût dans l'arrière gorge
Que bassement je désavoue.
Posté le 23.03.2007 par lesableausablier
12
Ecrit dans un bus
A son insu l’écriture s’effeuille
Encre de fleurs larme de fruits
Même parfois mimant
De feuille vive en feuille morte
A son insu des automnes le jeu
Et quelquefois l’abondance des jeûnes
Poussant vers cette issue biblique
A sens unique
Avec des plaisirs impudiques
De lis et de roses
Dans un parterre flou
Que défeuille les vents intemporels
Sa faiblesse native.
A son insu
Les mots perdus les mots ventrus
Les armatures de broc et bric
Pendus à la treille de l’art
En grappes sûres
Préparent les vins bleus aux arômes furtifs
Pour un cristal inattentif
Mais les enfants que l’amour porte
Dans la rondeur rusée des statues
N’apprendront pas les signes à tout dire
Les larmes suffiront
Pour dénouer d’un geste adroit
De la page les lignes
De la plage les jeux
de la rage le feu
Et reconstituer l’élective pelote
De la résignation désavouée.
Posté le 23.03.2007 par lesableausablier
11
Ma noire mémoire
Corneille en marge de moi
A coups de bec
Secs
Tu déchires
Dépèce
Eparpille
De mes visages
Les rides
De mes voix
Les échos
Et mes grimaces
Au miroir
Se font sourires
Et mes paroles se mesurent
En chants d’oiseaux
Et je contemple
Dans ma galeries de portraits
Le passeur du long corridor
Ce n’est qu’un reflet du reflet
De ma saison
Au nom secret
Qui se cherche un paysage.
Posté le 23.03.2007 par lesableausablier
10
Infiniment était triste l’espace
L’esclave y creusait la tombe de la nuit
Son pic sur la roche posait des étincelles
Une morte dormait dans sa caisse plombée.
Sur le jour mal peigné une filante étoile
Comme un fil d’araignée cherchait sa route aveugle
Désormais la demeure des anges occupera
La chambre étroite et vide qu’un poète a quitté.