Posté le 18.06.2007 par lesableausablier
Réalité
J'ai peu écrit- je le confesse-
De ces oeuvres qui font rêver
Je me contentais de l'ivresse
De pianoter sur le clavier.
Je niais labeur et sagesse
Courant à la facilité
Je me laissais à des paresses
Bien plus qu'à mon tour entraîner.
La muse tendre à ma jeunesse
Pas à pas s'était éloignée
Je n'en fis ni drame ni liesse,
L'ai-je seulement remarqué?
La vie passe,dure maîtresse
qui n'assagit que le passé
criant: "aujourd'hui le temps presse
Tu n'as plus loisir de flâner".
Et me voici au bord du champ
A chercher épi à glaner
Dans les ivraies et les chiendents
que j'ai eu plaisir à semer.
J'ai peu écrit- je le confesse-
De ces oeuvres qui font rêver
Je me contentais de l'ivresse
De pianoter sur le clavier.
sm
Je me laissai à la paresse
Aller et la facilité
--
Posté le 16.06.2007 par lesableausablier
Spleen
Voyez la barque de l'amour
S'estomper dans le fil des jours
Dans des brumes indescriptibles
Voyez la barque des beaux jours
Courir à ce gîte invisible
Que les hommes appellent l'oubli
Posté le 16.06.2007 par lesableausablier
Les cygnes
Les blancs cygnes au col de neige
Silencieux voguent rêvant
Aux froides plaines des Norvèges
Qu'ils trouveront printemps venant
Comme eux j'enferme en mon cœur
Mes maux d'amour et mes langueurs
Comme eux j'attends des temps meilleurs
Posté le 16.06.2007 par lesableausablier
caricature
Le temple de la poétesse
(Poésie sainte loi du monde VH ou AL…?)
Dans une alcôve rose où sont des camélias
Comme un fakir assis sur sa planche de clous
La poétesse écrit sous l'œil d'or d'un hibou
Grotesque et empaillé sur son perchoir de bois.
Les volets sont fermés. Sur le tapis, un chat
Impassible et dodu, c'est peut-être un bouddha,
Repose auprès de saint Antoine de Padoue.
Au mur un grand tableau neige ses nymphéas.
Seigneurie de Sappho ! Fontaine d'ambroisie !
Nul mortel t'envahit, et les coquins du ciel
Doivent pour te servir battre trois fois de l'aile.
Près de la porte on lit :" Esprit et poésie"
Et des jésus émus golgothent les chemins
Où Rimbaud l'Abyssin saigne ses parchemins.
Posté le 15.06.2007 par lesableausablier
I La tentation
Depuis Adam la tentation
Nous pousse dans les bras des Laure
En nous promettant des trésors
Par de ravissantes visions
Elle extirpe de son chapeau
Pour nous capturer dans ses rets
Des mouvances de feux follets
Des douceurs de fonts baptismaux
Héroïquement nous luttons
Mais à chaque fois nous les forts
Ouvrant la boîte de pandore
Piégés comme des moussaillons
Mais hypocritement sans remords
Banalement nous succombons
Comme un vulgaire matamore
Nous tombons devant le jupon
Depuis Adam la tentation
Nous pousse dans les bras des Laure
Nous vidons cul sec l'amphore
Trouvant délicieux ses poisons
Posté le 15.06.2007 par lesableausablier
3 Les amours de jeunesse …
Les amours de notre jeunesse
Avec leurs espoirs leurs folies
Leurs naïvetés leurs joliesses
Nous conduisent à celles-ci
Repas d'hiver sans appétit
Où l'on grignote- Politesse -
Autour de la table servie
Avec les mets, de la sagesse
Des mets pourtant toujours exquis
Mais qui malgré leur succulence
Nous laissent dans l'indifférence
Les amours de notre vieillesse
Nous en apprenons l'alchimie
Avec trop d'indélicatesse.
Posté le 15.06.2007 par lesableausablier
XVI
Plus rien de moi ne vous convient
Vous boudez du soir au matin
Je ne suis qu'un mauvais élève
Celui que l'on met dans le coin.
Et vous attendez la relève
En pianotant au clavecin
D'un doigt distrait quelque refrain
Quelques mesures de Chopin.
Plus rien de moi ne vous convient
En place et lieu des anciens rêves
Voici le temps du marche ou crève
Debout à la croix des chemins.
Posté le 13.06.2007 par lesableausablier
Ombreux à ne pas rire
Ont sabordé le temps
Sont montés saouls à l'abordage
Ni pitié ni bon sentiment
carnage rage carnage
cocorico la valetaille
qu'on lave tout dans le sang
Le sang des dieux le sang des sages
Qu'on lave tout dans le sang
celui des belles et de leurs pages
celui des rois sur leur couchant
celui de leurs folles maîtresse
comtesse princesse duchesse
Ont sabordé le temps
n'en ont pas fait ripaille
l'ont entraîné vers les fonds
Et s'empresse la valetaille
tout est bon dans le cochon dit-on
même des os la moelle
même des abbés les sermons
Posté le 13.06.2007 par lesableausablier
Dizain: Soir
Le soir descend La nuit installe
Dans les cieux clairs ses campements
Les bruits s'essoufflent Le grand voile
De l'ombre s'étend sur le champ
Où l'alouette par instants
sort de l'abri du végétal
C'est le cher moment vespéral
qui rallie sur l'unique banc
Les doux vieillards de l'hôpital
Le poète et les verts galants.
Posté le 11.06.2007 par lesableausablier
COUP D'ARCHET NOCTURNE
L'air est plein de sonorités
Fantaisies graves ou moqueuses
Vieux airs musiques exhalées
Par quelque égérie capricieuse
La nuit pareille à un suaire
Au vent frissonne mollement
La lune rouge joue un air
Que chaque âme errante reprend
L'air est plein de sonorités
De vie aussi à sa manière
Oiseaux aux cris inconsolés
Sorcières déchues et chimères
Et c'est un étrange ballet
Que celui des amours perdues
Craintifs et doux feux follets
Errant dans ce tohu-bohu.