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lesableausablier
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Date de création :
19.04.2006
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Les genêts

Les genêts

Posté le 06.08.2007 par lesableausablier
Les genêts

Les genêts doucement balancés par la brise
Sur les vastes plateaux font une houle d'or…
François Fabié

Ce poème des genêts d'or
Qui au vent distribue son or
Il charma ma petite enfance
Il mit le feu dans l'inodore
De mes années d'inappétence
Dans la cendre de mes déconforts.
Avec lui j'ai géré mon sort
A la botte de la patience

Un poète le composa
Dont le nom dans l'oubli tomba
Alors que ce n'était qu'automne
A feuilles vives sur sa voix
Sur sa rusticité bonhomme
Sur cette aimable gravité
D'une archaïque plume d'oie
Elle aussi mise en la tombe

Je murmure encor quelquefois
Ce cantique des genêts d'or
Quand l'hiver blanc au corps à corps
Poudrant d'argent mon sycomore
Livre combat au vent retors
Dans les grasses plaines du nord
Où l'épi chichement se dore
Dans le temps que rit messidor

Dans les sillons de cette Flandre
Qui transmute en pépites d'or
La souffrance et le sang des morts
Tombés pour que vive la France
Dans le poussier gras de ses champs
Au pied des terrils saignant
Leurs larmes noires sur l'histoire
Si naissent les crânes crayeux
Des héros tombés au silence

Et que les louves se confessent
Aux confessionnaux de l'effroi
Comme des nonnes avant la messe
Avant que tombent du beffroi
Les glas pesants de la détresse
Qui porte les dieux à leur croix
A leur conquêtes les rois
A leurs faillites les débats.

En ma défaillante mémoire
Le temps ayant fait son devoir
Il n'en reste que peu je dois
Faire un peu plus chaque fois
Pour progresser au souvenir
Retrouver la pente à gravir
Pour qu'il ne me batte pas froid
Dans la sous-traitance du dire.

Pour en regoûter le soupir
Dans la confusion du tiroir
Dans le chagrin de mes grimoires
Mal bâclés à l'encre violette
Que discrètement je feuillette
En tachant mes doigts du meurtrir
De la coupable indifférence
…..

Je la fredonne quelquefois
Cette poésie touteen or
Qui sur mes collines épanche
En avril sa munificence
Dans les ronces de l'existence

Je l'emporterai chez les morts
Ce sera l'ultime trésor
Pour illuminer mes aurores
Avec l'image de celle chère
Qui me soutiendra sans faillir
Jusqu'au Golgotha du mourir
Jusqu'à la liberté dernière



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