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19.04.2006
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Le poète

Le poète

Posté le 06.08.2007 par lesableausablier
Le Poète

Il porte en lui le poids du monde
L'âge des saisons disparues
La matière qui s'inféconde
autour d'un gibet sans pendus

Il est la clef dans la serrure
Le portail qu'il faudra pousser
Pour qu'après la mort, perdurent
Quelques bribes d'éternité.

Dieu propose et l'homme dispose
Ou le contraire si vos voulez.
Entre les deux, il est la rose
Qui croît au vent sur un rocher.

Il est le baiser des tempêtes.
Le juron des marins perdus
Dans un triomphe d'eau muette
Hantée de navires têtus.

Il est sur l'angle de l'équerre,
Le trait furtif en pointillés
Sur lequel la danseuse expire
A pas de deux pour l'envolée.

Dans le nid que le vent balance,
Il est l'aquilon agressé
qui se sait soumis à la danse
des calmes plats démesurés.

Dire que de lui on se passe
n'est qu'une contre-vérité.
Chaque goutte d'eau qui tracasse
Est une larme qu'il va sécher.

Il est la main tenant la plume
qui dans l'encre violette cueille
L'a saveur poivrée de no rhumes,
De nos genoux écorchés.

Il est au clocher la cloche
Qui ne sonne qu'à l'occasion,
Quand la destinée de sa poche
Sort quelque crucifixion.

Il porte en lui le poids du monde,
Et dans le secret de ses mots
Les eaux de la liberté grondent
Qui jailliront de son chapeau.
SM

Du bienfait de se taire
Pour ne pas déplaire en voulant trop plaire.
Ou "le parisianisme habituel"

Je ne parle plus qu'à voix basse
Je n'écris plus qu'à mots feutrés
J'ai plus envie d' mécontenter
Aux allusions je fais la chasse.

Plus question de faits qui tracassent
De doubles-sens mal compris
Si j'entre à l'église je prie
Et me replie dans ma carcasse.

Tout est beau tout est raisonnable
Bravo bravo tous les notables
Les partis pris d'arrache cœur

D'ailleurs comme est bon ce silence!
Cette confortable torpeur!
Je pose ma plume et je pense
Que ne rien penser semble bon.



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