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lesableausablier
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19.04.2006
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Mars

Posté le 02.07.2007 par lesableausablier
Mars

ô dieu que la guerre est jolie
Guillaume Apollinaire

Quelle connerie la guerre
Jacques Prévert

Hiroshima mon amour

Je suis le dieu à double face
Recto vainqueur verso vaincu
Je donne à la mort ses carcasses
Aux jardins publics leurs statues.
Chaque nation veut dans mon lit
Faire l'amour avec la guerre
Sacrifier ses mythologies
A ses appétits militaires.

J'ordonne combats et batailles.
Sans état d'âme, je détruis.
Je rase villes et murailles,
Il suffit d'y mettre le prix.
Je distribue mes croix de fer,
Mes légions d'honneur aux légions
Qui sont tombées dans la poussière
A l'appel fervent du canon.

Les Lorettes et les Valmy,
Les Pearl Harbor et les Viêt nam
Sont des chefs d'œuvre de tueries
Devant quoi l'Histoire se pâme.
J'en oublie. Mes musées sont pleins
De grands souvenirs de mitrailles
Où la vie des hommes n'est rien
Devant la grandeur des Versailles.

Je conditionne à la victoire
Les soldats au corps aguerri.
Ils sauront mourir pour la gloire
Des Attila de fantaisie.
J'élève des stèles aux morts.
Je cultive mes croix de bois
Sur les gazons pâles des nord
Dans l'ombre froide des beffrois.

Sans moi point de ces panthéons
Où l'on vient déposer sa rose,
Célébrer les Napoléons
En marmonnant de graves proses.
Je porte haut les crucifix,
Les bibles, les mains de fathma,
Colifichets de C…….ries
Qui élèvent ou couchent les rois.

Mais dieu que la guerre est jolie
Qui teinte de rouge l'aurore
Et moissonne dans les blés l'or
Les jeunes corps à l'agonie.
Bien sûr parfois c'est la bavure
Des génocides programmés
Mais il y a dans la nature
Aussi de ces raz de marée

Je suis le dieu à double face
Je ne joue pas la comédie
S'il m'arrive parfois d'être las
De me croire banni d'Olympie
Je roule dans les éthers fous
Paré de la pourpre de Tyr
Mon char royal dont l'avenir
Grâce à Sapiens est assuré

Je viens chez Vénus déposer
Quelques jours mon lourd bouclier
Dans ses bras blancs me ressourcer
Jurant de ne plus la quitter.
Mais si quelque tyran me hèle
Vox dei vox populi j'accours
C'est d'ailleurs toujours sur ma selle
Que je vis et je fais l'amour.

Je suis le dieu que vous savez...



--

quatrain fumeux

Posté le 02.07.2007 par lesableausablier
Quatrain

Il avait l'art de la cibiche
Il savait rouler dans ses doigts
L'herbe qui donne de la joie
Aux miséreux autant qu'aux riches.

fatras

Posté le 02.07.2007 par lesableausablier
Quintuple fatras

I

Me voici couvert de bubons
Rouge nez fruit de varicelle
Me voici couvert de bubons
ça pullule pustule pompons
A la santé du vermicelle
Gloussons glouglou de cotillon
Sous les eiders de l'édredon
J'aime Manon ma tourangelle
Mais n'est pas Jeanne la pucelle
Je prendrai l'avion à Meudon
Nous avons par là nos flanelles
Moi grillon elle cendrillon
Me voici couvert de bubons.

II

Rouge nez fruit de varicelle
Me voici couvert de bubons
Rouge nez fruit de varicelle
Je suis promis à ma donzelle
Vive la chasse aux ronds flacons
Descends pichet de mon échelle
Meudon nous larguons nos bretelles
Un curé et trois goupillons
Peux-tu me rendre mon moignon
Chantait en chutant de l'échelle
La rouge liqueur du flacon
Retenue à son aquarelle
Me voici couvert de bubons.

III

Me voici gloussant aux lampions
Rouge nez et rêve aux aisselles
Me voici gloussant aux lampions
Salut à toi Don maquignon
Qui m'a procuré ma donzelle
On trinque avec don Pérignon
La Joconde voyons ses chaussons
Ce sont deux belles coccinelles
L'hydromel divin elles le hèlent
Je le suce à tes mamelons
Pas de hanap ni de coupelle
Debout assis à croupetons
Rouge nez et rêves aux aisselles

IV

Que crique croque la crécelle
Me voici couvert de suçons
Que crique croque la crécelle
Je n'ai pas choisi la plus belle
Mais la plus riche du canton
Cornemuses et violoncelles
Aideront à la bagatelle
Défais sans hâte ton chignon
Mister Jekhil docteur démon
L'amour en moi bats la semelle
J'aime aussi le vin bourguignon
La soupe aux choux universelle
Cela fait passer la chanson.

V

Que crique croque la crécelle
Ho Crénon que le vin est bon
Que crique croque la crécelle
Est bonne aussi la tourangelle
Je l'ai trouvée à la station
Regard perdu de tourterelle
Silhouette de demoiselle
Elle repeignait son chignon
Viens boire un coup à la maison
J'habite quai de la pucelle
Je lis parfois André Breton
Quand il est chaud avec cannelle
Oh crénon que le vin est bon!

Nationale 7

Posté le 01.07.2007 par lesableausablier
Chauffards Made in France

Victime de l'inconséquence
De la bêtise et de son train
Je suis un mort sans importance
Un petit mort des grands chemins
Et des chauffards made in France
Comme on en double au quotidien
Sur les jolies routes de France.

Je roulais hauteur d'Avignon
Il devait être quatorze heures
Bien sûr dans la circulation
Fin juillet i'a du migrateur
Et des chauffards made in France
Qu'appuient pas sur le champignon
Et ralentissent le bouillon.

J'étais bien. Je roulais à fond.
Dans les ronflements des moteurs
Je faisais des queues de poisson
Pour titiller les conducteurs
Et les chauffards made in France
Qui créent à plaisir les bouchons
En se traînant sur le goudron.

Au resto pause de midi
J'avais pris avec du retard
Modérément quelques ricards
Pour aiguiser mon appétit
En pestant contre les radars
Et les chauffards made in France
Qui sont la plaie de ce pays

Le déjeuner - Un coupe faim
Avec un Château neuf du pape
Trois quatre verres trois fois rien
Cru du pays c'était tentant
Pour me relaxer les soupapes
Loin des chauffards made in France
Qui descendent dans le midi.


Je roulais. Je me sentais bien
Portable collé à l'oreille;
C'est sympa la conversation
ça titille la vigilance
ça évite la somnolence
On oublie les chauffards made in France
Qui se traînent sur le pavé

Après après je ne sais plus
Un carambolage un éclair
Une cascade d'imprévus
Puis ce corbillard ordinaire
Qui se traîne sur l'avenue
Vers le cimetière ordinaire

Victime de l'inconséquence
De la bêtise et de son train
Je suis un mort sans importance
Un petit mort des grands chemins
Et des chauffards made in France
Qui vont pianissimo leur train

Au lecteur

Posté le 30.06.2007 par lesableausablier
Au lecteur

J'écris des vers pour le plaisir
Des poésies d'ordre commun
Des poèmes sans devenir
Comme en écrit le collégien

Je ne me prends pas pour Shakespeare
Je reste sur mon méridien
Sans m'applaudir ni me maudire
Avec le ton du tragédien

Je puis en nommer cent et mille
De ces poètes éloquents
Qui sont oubliés sur leur île
Loin de la gloire et ses courants

Sous le regard de l'oiseau lyre
Superbement indifférent
Ils savent leurs roses mourir
Dans le jardin feu du talent

Leurs volumes trop bien nés souffrent
D'être ignorés des bien pensants
Ils tonnent tempêtent s'ensoufrent
En des ires de militants

Dans mon jardin de quatre sous
Mes fleurs charment les hirondelles
Le jour, et la nuit le hibou
Puis meurent dans l'aube nouvelle

Au clocher je monte parfois
Peut-être pour vous ébahir
Je carillonne dans la joie
Et laisse mes chevaux hennir

Granit ou saphir que m'importe
La valeur est dans le désir
Il n'est pas écrit sur la porte :
"Ici le génie va saillir"

Que vouloir de plus dans la vie
La chanson d'un pinson vaut mieux
Que ces médiocres clapotis
Chipoteux pâteux raboteux

Aussi je ne m'en défends pas
J'écris par jeu et je chantonne
Avec joie tous les tralala
Du printemps clair au rouge automne

J'écris des vers pour le plaisir
Aussi pour occuper mon temps
En respirant l'ombre et la myrrhe
Dans les paradis du dieu Pan

Dizain

Posté le 30.06.2007 par lesableausablier
Dizain


Jadis j' vendais des coffres forts
Aux caisses où i'a l'Ecureuil
C'était un vrai boulot en or
Maintenant j'en ai fait mon deuil.
Quand les gars mitraill' le décor
C'est sur les carott' qu'ils ont l'œil
Les buralistes sont à la fête.
Ils sont assis sur un Etna.
Ce jour, c'est pour la cigarette
Qu'on se fait passer à tabac!

Dizain

Posté le 30.06.2007 par lesableausablier
Dizain


Hier, on l'a passé à tabac
Pour une histoir' de cigarettes.
Au juste, on n'sait pas trop pourquoi !
Maint'nant il est à la Joliette.
Il bouffe seul sa côtelette.
Jadis on s'battait pour l'minois
D'une délicieuse brunette.
Maintenant c'est pour la cigarette
Qu'on se risque à n'importe quoi,
Qu'on se fait passer à tabac!

Rondel

Posté le 30.06.2007 par lesableausablier
Rondel

C'était infect et c'était bien
ça soulevait la tripe et l'âme
C'était délicieux quoique infâme
Le premier tabac du matin.

Avec un verre de schiedam
Avant de se mettre au turbin
C'était délicieux quoique infâme
Le premier tabac du matin.

On se sentait léger badin,
On se prenait pour Francis Jammes
Le roi était notre cousin
Quand on allumait cette came :
Le premier tabac du matin.

Ballade désenfumée

Posté le 30.06.2007 par lesableausablier
Ballade désenfumée

Il décida- décision grave-
Dès aujourd'hui de n'plus fumer,
De ne plus jamais fair' le zouave
Avec ce cylindr' de papier,
D"arrêter de se polluer.
Cigarett' va te fair' niquer!


Le tabac ce n'est qu'une entrave
A notre chère liberté.
Quand on l'comprend, on est lié,
On est devenu son esclave
Comme on le dit à la télé.
Cigarett' va te fair' niquer!

Alors fini! Il l'a jeté
Ce maudit paquet de gitanes
Qui lui prenait pèze et santé
En lui torturant les organes.
Gainsbourg, Bécaud ont trop donné
Cigarett' va te fair' niquer!

Il fait un tabac dans l'quartier.
Ses copains perfides ricanent.
Ses vieux, eux, semblent enchantés :
"Bravo t'es plus toxicomane
Ce n'est qu'affair' de volonté"
Cigarett' va te fair' niquer!

Il décida de n'plus fumer,
De ne plus s'fair' piquer d'oseille
En crachant des ronds de fumée.
Demain c'est l' tour de la bouteille
Il n'y a qu'a pas la téter
Alcool, vas te faire niquer!

Dizain

Posté le 30.06.2007 par lesableausablier
Dizain

On court vers des Hiroshima…
Après l'auto, le tabac, ce sera
Le vin monsieur, l'horrible alcool !
Erreur ! On n'y touchera pas.
Car les vignerons caracolent
Dans la pénombre du pouvoir.
Les taxer, eux, faut pas y croire…
Les loups entre eux se croquent pas.
Bientôt, c'est pour la liberté
Qu'on s' fera passer à tabac !
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