Posté le 15.07.2007 par lesableausablier
..............
Pas très envie d’écrire aujourd’hui
le soleil se lève sans faire de bruit
C’est toujours la vie ses mêmes rengaines
ses souffles coupés ses petites laines
Il a plu peut-être tant l’espace est lisse
Car la rue chatoie comme après la pluie
filant lestement lisse comme cuisse
se perdre encor où les arbres bruissent
C’est toujours la vie ses petites chaînes
ses chiens qui aboient sous des horizons
qu’on veut infinis et qui sont à peine
Quatre murs chaulés autour de nos lits
Posté le 15.07.2007 par lesableausablier
Chose vue
Dans le bar sordide enfumé
La fille au corps désabusé
Qu’aucun alcool ne fait plus rire
Chacun ignore son origine
Elle est là ne parlant jamais
Que de tristes choses futiles
Avec un accent qu’on dirait
Sorti d’un conte de Perrault
Dans les ruelles du quartier
La fille aux robes démodées
Que la nuit ne fait plus danser
Nul ne la suit vers cette chambre
Qu’elle occupe de l’aube au couchant
Seule toujours avec ses peurs
seule toujours avec ses faims
Avec ses désirs de princesse
La fille au passé trop secret
Peut-être qu’elle ne sait pas
D’où lui vient son visage pur
D’où lui viennent ses mains d’artiste
Et cette immense lassitude
Qui la fait des heures rester
À pianoter comme sans voir
Sur le zinc froid du comptoir
Posté le 14.07.2007 par lesableausablier
Bibliothèque
Aux archives municipales
Tenues par le squelette de service
Une rayonnante beauté
De Dior dévêtue
Parée d’un collier de larmes
Lisait
Un volumineux traité sur la désertification des sols
Un œil intéressé
de race blanche
Planait au-dessus de la bonne santé
Visiblement nourrie de 14 juillets
De commerce équitable
D’écolomanie bien intentionnée
Et de bonne volonté
De ce lieu
Entre tous respecté et respectable
-ça paraît logique
de rechercher
dans ces vieux papiers
la trace des anciennes forêts
murmura un rat de bibliothèque
gros et gras
gavé de pleins et de déliés
On sent ici l’érable l’orme le peuplier
Tout ce manque désormais
S’est réfugié
Dans le papier
-Carte de caisse de retraite
certificat de décès
certificat de naissance
certificat d’espérance
permis de conduire
permis de croître d’un verger
avez-vous cela SVP
Demanda la belle à son livre
-Les incendies ont eu raison d’eux
On ne les a pas renouvelés
Manque de place
Manque de ….
Le squelette de service passa-
-On ferme
on ferme
hurla –t-il en brandissant un menaçant coupe papier
N’oubliez pas de déposer à la sortie
Vos souvenirs et vos regrets
Posté le 13.07.2007 par lesableausablier
Rencontre
Lundi matin deux barbus
Qui reposaient
Sur une table d’autopsie
Imaginèrent dieu.
-Eh bien voici son poids son âge
son sexe
-Arrêtez vos conneries
Hurla le squelette de service
Il gardait depuis si longtemps
la porte du purgatoire
Qu’il ne voulait pas risquer de manquer son tour de paradis
Pour faute professionnelle
-Arrêtez vos conneries
Dieu est pareil aux dieux
Le voir
L’imaginer
Autrement
N’est pas pensable
Arrêtez vos dires sacrilèges.
Dieu n’est pas visible
Dieu n’est pas imaginable par un Q.I. humain
Serait-il de 95 ou de 140.
Dieu est une île
Inaccessible
Cent mille requins la veille.
On ne peut rien contre un meurtrier intelligent.
Débile qui si risque
ajouta-t-il poliment en polissant son fémur gauche.
Posté le 13.07.2007 par lesableausablier
Mistral
L'on vit passer le mistral
il nous cria
Logez-moi
je suis là
pour trois
six
neuf jours de tracasseries
je vous soufflerai sur les doigts
sur le coeur
sur l'esprit
J'enflammerai des oliviers
des pins
jusqu'à n'être plus qu'un tison libéré
dans vos garrigues
vos pinèdes vos sapineraies
Ne me chassez pas
vous pourriez
Être privé de vos cigales
de vos parfums de lauriers rose
je pourrai mettre à bas vos récoltes de pommes
Et inviter le feu d'été à se repaître de vos villas
de vos grands parcs
si coquets
il m'est nécessairement
fait obligation
de gonfler mes joues
de vider mes poumons
alors
je m'y résous
mais je vous aime
c'est ma vérité
ma nécessité
mon but
ma raison d'être
je vous déchire et me déchire
Il ne se peut pas que cela
se passe autrement
j'existe comme ça et j'agis comme ça
c'est dans moi
qu'il faut trouver la cause
mais je ne fais que passer
trois
six
neuf jours
de bonheur
de tourment
de plaisir
à saisir
courez si vous le pouvez le voulez
avec vos amants
amantes
ils seront plus faciles à attraper
à retenir
que moi
Posté le 11.07.2007 par lesableausablier
Rêverie
Je voudrais être une étoile
Pour voyager dans l'infini
Et voir dans l'éternelle nuit
Naviguer ces vaisseaux sans voiles
Que sont les vierges galaxies
Je voudrais être une étoile
Fleur bleue d'un pré jamais fauché
Que dessinent les enfants volés
Quand au ciel la Lune se voile
D’une lueur blême d'été
Je voudrais être une étoile
Pour voyager à coeur offert
Parmi les grands soleils stellaires
Qui pâtres des sages planètes
Veillent sur le vaste univers
Posté le 11.07.2007 par lesableausablier
Sabbat
Nuit de saint Jean Nuit de mystère
Quel bruit soudain pousse là-bas
Dans la pénombre des grands bois
Où sont perdues dedans la terre
Les tombes obscures de la guerre
Les morts à quitter leur suaire
Cré bon dieu Quel anniversaire
Pousse cette foule d'oubli
De crânes lisses où les dents rient
A ressurgir de son enfer
sous le regard de Lucifer
Ce bon badaud bon pied sur terre
Au premier coup de minuit
Déchirant l'air comme un glas
Paraît sous des huées d'effroi
Dans des haillons splendides ici
Comme s'en venant à la fête
Le rouge tambour des défaites
Suivis d'un cortège de chars
Lorsque le second coup s'abat
Laquais obscurs du vain sabbat
Se dressent monstrueux pantins
Les squelettiques diablotins
Jonglant avec des coeurs de vierges
Aussitôt que le troisième coup
S'égrène à un lointain beffroi
Au galop de son noir palefroi
Couvert de sueur et de boue
s'en vient le temps échevelé
Tenant au poing son sablier
Au quatrième et au cinquième
Chantant de fols requiems
Tremblantes toutes d'âge et de haine
Se traînent les sorcières de Salem
Et sur l'autel qu'elles parèrent
Furent immolées trois filles mères
Au sixième coup le tonnerre
Fouillant les nues n maints endroits
Se trouvant partout à la fois
Et balayant de ses éclairs
La pathétique assemblée
Fit la danse des feux follets
Dès le septième on vit paraître
Les bêtes immondes des gouffres
Qui dans des relents de souffre
Commencèrent à se repaître
Ricanant à gorge de hyène
Des lambeaux épars des danseurs
Du huitième jusqu'au onzième
Toute l'armée des farfadets
Djinns gnomes lutins et fées
Se faufila dans cette cène
S'en vinrent même à toute fin
Les compagnons du vieux Merlin
Au douzième coup de minuit
Dans la démence d'un éclair
Drapée d'une cape de chair
Parut la Mort et c'est ici
Dans les groupes désordonnés
Un cri de haine mal réprimé
Toute la forêt suspendue
Frémit sous une pluie de sang
Plus douce qu'un souffle d'enfant
Et partout des fosses aux nues
Les âmes errantes perdues
Cherchent la chair des membres nus
Lorsque chacun dans sa parure
A retrouvé l'aspect ancien
Avec des bravoures de reins
Mis son corps dans une armure
Las on vit bien que cette troupe
Avait remis ses haines en croupe
Et c'est le grand sabbat des morts
Malheur Quelle implacable loi
Fait de ces frères des dieux d'effroi
Qui se mutilent au gré du sort
Pourfendant tranchant tailladant
Avec des rires indécents
Malheur à l'humain attardé
Qui s'en venant par la clairière
surprend ces surprenants concerts
Voit ces assauts démesurés
Combien ainsi ont disparus
Pour avoir vu ce qu'ils ont vu
Puis tout se calme le bon bourgeois
Soudain inquiet entre ses draps
Ne tarde pas de bonne foi
Ayant prié Monsieur Eloi
A retomber dans son sommeil
De pharisien promis au ciel.
Posté le 11.07.2007 par lesableausablier
Chanson d'automne
Voici la chanson d'automne
Elle claironne
Sur bois et landes
Remplissons nos paniers d'amandes
Voici le vent cru de l'automne
Il s'époumone
Sur prés et bois
Remplissons nos paniers de noix
Voici que la gelée d'automne
De jus sucré
Rougit la tonne
Remplissons de baies nos paniers
Voici que les brumes d'automne
Effacent à l'horizon
Le navire d'été
Remplissons nos coeurs de baisers
Posté le 10.07.2007 par lesableausablier
Promenade automnale
Viens avec moi dans le jardin d'automne
Promenons nous sans songer à demain
Le soleil déjà par sa pâleur étonne
Il a copié jaloux la pâleur de ton teint
Arrêtons nous près du parterre aux roses
Celles qui vont fleurir n'auront pas de parfum
Et celles d'aujourd'ui timidement écloses
Ont la légèreté des regards défunts
Les oiseaux envolés au plus haut de ce ciel
Ont des propos secrets d'exils incertains
Goutte d'or l'abeille quête une odeur de miel
Trompée par le passage d'une charrette à foin
Ce soir je t'écrirai un poème d'azur
Avec ce ciel ces fleurs ces oiseaux ce silence
Et tu retrouveras présente la nature
Dans ce bouquet de mots regroupés par ma main
Posté le 10.07.2007 par lesableausablier
Promenade du soir
Le soir descend sur la campagne close
Viens allons nous en cueillir
Tandis que la journée expire
Au jardin la plus belle rose
En faire pour ton âme morose
Obsédée du temps de vieillir
Comme un très divin souvenir
Qui la retiendra à ces choses
Dont nous parlâmes si souvent
Et qui nous possèdent le coeur
Comme il en est chez les amants
Viens profitons de ce court instant
Où le ciel encor est changeant
Pour aller cueillir cette fleur