Posté le 11.11.2007 par lesableausablier
La nonne
Le vent simple en passant
A cueilli une feuille
Sur un arbre d'argent.
Peinture en trompe l'œil
Sur le mur du couvent.
Ne cueille pas, le vent !
Ne cueille plus les feuilles.
Laisse les au dormant
Pour cacher l'écureuil
Qui vient du champ dolent
Quand l'automne s'épeuille.
Ne cueille plus, le vent !
Ne cueille plus les feuilles.
Dans les matins tremblants
Ce geste simple endeuille
Pour un vague clin d'œil
Les arbres trop longtemps.
Le vent simple en breuillant
A dit : " c'est la dernière,
je suis las maintenant.
j'ai fini ma litière.
Je rentre en ma chaumière.
Le vent simple en passant
A emporté la feuille
Loin du mur du couvent
Et la nonne en pleurant
Laisse son cœur en deuil
Mourir au champ dolent..
Posté le 09.11.2007 par lesableausablier
Rongez
Rongez les os du temps
Souvenirs enfouis
Rongez à belles dents
Ces débris d'une vie
Canines et molaires
Employez vos talents
Usez cette matière
Ce peu appétissant
Appétissant Y croire
Encore mais à peine
Juste du bout des dents
Mastication de hyène
Ouvre-boîtes à faire
Saliver l'inconscient
L'espoir est salutaire
Rongez mais à plein temps
Rongez les os du temps
Souvenirs enfouis
Rongez à belles dents
Ces débris de la vie
Rongez l'os découvert
Souvenir défoui
Mêlez à sa poussière
Panthéons et taudis
Tout est faux tout est leurre
Rien avant rien après
Pourquoi battre mon cœur
Tu es pris au collet
Au lent collet de l'heure
Qui joue aux osselets
Avec de ces ardeurs
Dont nul n'a le secret
Rongez les os du temps
Souvenirs enfouis
Rongez à belles dents
Ces débris de la vie
Posté le 07.11.2007 par lesableausablier
De l'existence
La vie souvent a des courroux
Qui parfois n'ont pas bonne presse
Elle a des lubies de maîtresse
Dont on doit assumer le coût
Elle promet elle caresse
Même elle apporte beaucoup
Puis elle est chiche- Plus un sou
L'on va de déboire en détresse
Impitoyablement méduse
Spectatrice de nos tristesses
Elle en joue eIle s'en amuse
Elle se sait indispensable
En invitée incontournable
Lionne elle nous dépèce.
Smr
Posté le 07.11.2007 par lesableausablier
Vos meubles vos bijoux
J'ai tout gardé de vous
Vos sièges vos miroirs
Vos meubles à tiroirs
Votre horloge à coucou
Vos robes à froufrou
Dorment dans vos armoires
Même le beau foulard
Acheté au Pérou
Et surtout ce bijou
Orné d'un faux grenat
Vous le portiez pour moi
Lorsqu'en ce soir d'août
Vous m'avez dit "prends-moi"
Pour la première fois
Smr
Posté le 30.10.2007 par lesableausablier
Songerie
Je voudrais que le paradis
Où Dieu mit l’homme et sa compagne
Ne fut pas château en Espagne
Mais Jardin à côté d’ici.
Ainsi nous pourrions le dimanche
Aller sous ses épais taillis
Jouer à des jeux interdits
Ecouter le chant des lardanches
Et boire aux sources de jouvence
Ces élixirs de longue vie
Qui nous avaient été promis
Et dont on a réminiscence
Quand le printemps léger s’épanche
Avec des ardeurs inouïes
Pour mes regards éblouis
Sur les rondeurs vraies de tes hanches
serge morans
Posté le 30.10.2007 par lesableausablier
Fin d’été IV (ciel d’automne)
Il n’est plus que de lassitude
Ce ciel étrangement fermé
Comme les lèvres du guerrier
Au cœur meurtri de solitude.
Il a versé sa larme prude
Sur les champs aux épis couchés
Par les vents aux souffles glacés
Déchirant la veule habitude.
De cette journée au prélude
Pitoyablement élagué
Par l’automne aux ongles cassés
Dans des élans de promptitudes
A gommer cette hébétitude
Dont l’été vient d’envelopper
Ses scintillements altérés
Par une soudaine inquiétude.
Posté le 30.10.2007 par lesableausablier
Joli temps pour partir
De ses vins blancs l’aurore est chiche
Le jardin n’a plus de parfums
Le chien a hurlé dans sa niche
Tu te mets sur ton trente et un
L’eau de l’étang frémit et fume
Le fer se bat tant qu’il est chaud
Le forgeron frappe à l’enclume
Elle aura un joli caveau
As-tu envoyé un bouquet
Le cheval est ferré de neuf
J’ai égaré mon chapelet
Elle était d’avant trente neuf
Penses-tu c’est l’année de Pierre
Celle de mon certificat
L’année où il a fait si froid
C’est à quelle heure le cimetière
La vallée est dans le brouillard
Le ciel moutonne à notre étage
Elle sera là-haut dare-dare
Elle a gardé un beau visage
La vallée est noyée de brume
C’est un joli temps pour partir
Aurait-elle aimé mon costume
Je mets sa broche de saphir
Elle m’en a fait cadeau un soir
Elle avait vu que j’étais triste
Tu m’avais dit des choses noires
Il m’en reste des cicatrices
La cloche des morts carillonne
Le bedeau s’est levé bien tôt
Elle aimait les couleurs d’automne
Jouera-t-on son oratorio
Je sis prête noue ta cravate
Il est temps d’y aller partons
On jouera plutôt sa cantate
Celle d’après l’occupation
De ses vins blancs l’aurore est chiche
La campagne a mis sa voilette
Cache la clé sous la potiche
C’était toujours là sa cachette.
SERGE MORANS
Posté le 30.10.2007 par lesableausablier
Le roi boit
Du venin noir de ce poème
La poésie tambouille tout
Il deviendra fiel ou ragoût
Qu’on conserve pour le carême.
L’inconsolée dans sa bohème
Tartine d’images le flou
Où la phrase grasse déjoue
Les pièges mous du théorème.
J’en passe hélas et des meilleures
Les grimaces à s’affadir
Tempèrent leurs peines de cœur
Dans le nectar glauque où la vie
En de plates filmographies
Graphite ses éclats de rire.
Posté le 30.10.2007 par lesableausablier
ROSES ROUGES
Venus d’horizons corrompus
Les mercenaires de la boue
Dans les jardins de banlieue jouent
Avec l‘innocence vendue.
Les roses en boutons qu’excise
Un vent du sud impitoyable
Deviennent de ces marchandises
Pour des fêtes insoutenables.
Jamais elles ne connaîtront
Quand le printemps les y invite
La caresse du papillon
La morsure d’or du zénith
Du bourdon l’ignoble morsure
En leurs pétales saignera
Voilà tant d’hiver que ça dure
Qu’aucun ne s’en étonnera
Dans le jardin clos à l’orient
La rose en bouton violée
Pleure la fragrance sacrée
Dont s’émerveille le Couchant.
serge morans
Posté le 26.10.2007 par lesableausablier
On n’en finit pas d’être deux
Le beau garçon vêtu de bleu
Tu le voyais chaque matin
Devant la porte du lycée
T’appeler d’un signe de main
Il savait parler à ton cœur
Dire les phrases du bonheur
Dont se nourrit l’âme rêveuse
De l’adolescence amoureuse
Qui naît au besoin d’être deux.
Le beau garçon vêtu de bleu
Il osait te tenir la main
Avec d’impalpables douceurs
Et te montrer d’autres chemins
Que ceux du frugal quotidien
Il allumait en toi ce feu
Par quelques baisers maladroits
Naïfs et doux à la fois
Qui fait que l’on veut être deux.
Le beau garçon vêtu de bleu
Un soir de mai sans un adieu
Pourquoi l’as-tu laissé partir
S’enfouir dans le limon fauve
Des courtes saisons qui s’ensauvent
Pour ne plus jamais revenir
En nous laissant des souvenirs
Et des nuits sans fin pour pleurer
L’unique besoin d’être deux.
Du beau garçon vêtu de bleu
Dans la nuit de tes crève-cœur
Quand le jaquemart besogneux
Immuable globe trotteux
Pousse les heures fugitives
En godillant dans la dérive
Des regrets et des désespoirs
Qu’en reste-t-il en ta mémoire
Sinon le désir d’être deux.
L’aube tartine de brouillard
Le pain noir des jours de cafard
Mais si tu sais t’en satisfaire
Ton esprit ne peut se défaire
Du beau garçon vêtu de bleu
Tant est dure la lassitude
Dans la foule des gens heureux
D’être une île de solitude
Quand l’on voudrait tant être deu