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lesableausablier
Description du blog :
Tous les poèmes de ce blog sont de ma plume. J'essaie d'être lisible. Bonne lecture. SMR
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Blog Livre
Date de création :
19.04.2006
Dernière mise à jour :
02.05.2008
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La chanteuse de rue

Posté le 02.05.2008 par lesableausablier
La chanteuse de rue

Elle avait la taille bien faite
Les lèvres rouges le sein haut
Et des yeux comme des noisettes
Son cou s'ornait d'une amulette
Portée ainsi qu'un ex-voto
Elle avait la taille bien faite.


Il n'y avait rien de plus beau
Que son sourire de fillette
Qu'à tous elle offrait en cadeau
A la sortie des bals musette
Toute menue dans son sarrau
Il n'y avait rien de plus beau.


Elle poussait la chansonnette
Dans la fumée bleue des bistros
Et fit de Paris la conquête
Avec des grâces de moineau
Et des refrains de midinette
Elle poussait la chansonnette.


Maintenant elle chante là-haut
Dire cela c'est pirouette
Demain j'irai sur son tombeau
déposer quelques violettes
Du muguet en blanches clochettes
Maintenant elle chante là-haut.


Demain j'irai sur son tombeau
Lui rappeler à moindres mots
Qu'elle avait la taille bien faite
Hélas oui la vie est mal faite
Qui ne fait jamais de cadeau.
Demain j'irai sur son tombeau.

smr

Darfour

Posté le 02.05.2008 par lesableausablier
Darfour

Eux que leur mère a du abandonner un soir
En confiant au hasard leur pauvre destinée
Ils sont là, pauves chiots, Attendant au trottoir
Seulement de la mort un geste de pitié.


Ils sont nus. Ils ont faim. Ils vivent sans vouloir
Etre morts ou vivants. Les mouches assoiffées
De puanteur assaillent leurs lèvres craquelées
Et leur besoin premier ce serait d'émouvoir.


Baroquement armée, une troupe puissante
De soldats ivres-morts défile indifférente
Poursuivant on ne sait quelle fatalité.


Leurs yeux d'enfants mourants fixent le néant noir.
Même la peur serait effrayée à les voir .
La soldatesque passe en les foulant au pied.

smr

Pierrot lunaire

Posté le 02.05.2008 par lesableausablier
Pierrot lunaire


Il n'a plus le coeur à sourire
Il a perdu raison d'aimer
Il est comme l'oiseau blessé
Qui voit se ternir l'avenir

Les mots ne savent plus nourrir
La pâle flamme du foyer
Elle ne peut que décliner
Comme décline le soupir

La vérité n'est plus au puits
Depuis longtemps elle a tout dit
Au grand jour elle s'est montrée

Adieu les rires et les chants
Voici des désenchantements
Venus les temps désabusés.
Smr

Les hauts de France( chez les ch'tis)

Posté le 29.04.2008 par lesableausablier
Les hauts de France

Quand le parisien se dit :’Où
Vais-je pouvoir me restaurer ?
Et que la mine résignée,
Il pousse son pas fatigué
Vers le traquenard gras d’un bou-
Ge où sévissent les Thénardier.

Quand sur les nappes de papier
Scintille d’azur rehaussée
La porcelaine, et que se bouge
Devant les pianos surchauffés
Les joues comme les foyers rouges
L’armée des grands chefs étoilés.

Quand aux tables des brasseries
Le Bobo s’invite et s’ennuie
Devant quelque mets insipide
Dont l’aspect si peu défini
Appelle au mieux un homicide

Les ch’tis de la France d’en haut
Avec des mines de prélats
Grasse et dorée avec les doigts
Croquent la frite d’autrefois
Dans la friterie à Momo
smr

Le lion et le pouvoir d'achat.

Posté le 29.04.2008 par lesableausablier
Le lion et le pouvoir d'achat

Un lion que la prairie venait d'élire roi
Se jugeant mal payé aussitôt s'augmenta
Que n'avait-il fait là.
Rien de plus qu'un vizir avait fait
Dans un proche autrefois
On s'étonna on le moqua
A la campagne et à la ville
On le vilipenda
Dans les terriers et les sous bois
"Eh quoi, rétorqua-t-il
De ma liste civile
J'ai augmenté le poids.
N'est-ce pas là pouvoir d'achat!
Et qu’avais-je promis.
Que cela serait de mon souci.
Pour une fois qu’un politique
Tient parole. Est-ce bien logique
De jeter sur le feu de l’huile
De me critiquer pour si peu ?
Qu’est-ce donc que ce vaudeville
Où l’on me sert de l’inutile ?
La politique c’est sérieux
L’on va où est le plus utile.
Qu’on mette fin à la querelle
Je m’occupe de vous ; c’est réel
Dans quatre ans onze mois un jour
Si vous avez su me bien plaire
Et si tout va comme je veux
Je pense augmenter vos salaires
Mettre fin à votre misère
Donner un lit à vos vieux
Du pain aux pauvres et aux gueux.

Quand on fait de la politique
Pour conquérir certains publics
Chacun le sait il faut mentir.
Il faudra nous en souvenir
Et opter pour la république
Qui ne tolère pas cela.

Clin d'oeil à Arthur Rimbaud-Les nouvelles réparties de Nina.614-122-08

Posté le 29.04.2008 par lesableausablier
Les nouvelles réparties de Nina

Nouvelle version.(strophes retrouvées d’Arthur Rimbaud)
Voir la pléiade : Œuvres complètes-

Quand la lune sur le pays
Ouvre son œil
Et que sa lèvre épanouie
Broute au cerfeuil,

Quand à pas lents vers l’abreuvoir
Les vaches vont
Baiser du mufle le miroir
Du flot profond,


Quand le paysan après boire
Roule au sillon
Pour un sommeil expiatoire
Sur le gazon,

Quand les maisons claquent les portes
Et les volets
Sur des brouets qui réconfortent
Maître et valets,

Quand s’affalent sur l’établi
Las, mais contents
Les copeaux blonds et les outils
De l’artisan,

Dans la paix du soir étendue
Comme un velours
Sur les toits d’ardoises, les rues
Et leurs faubourgs.

Quand coassent au bord des mares
Les crapauds laids,
Main dans la main par le hasard
Bon des guérets

Nous irions goûter le nectar
Doux des prairies
Que déversent à pleines jarres
Les myosotis,

Main dans la main par les brouillards
Discrets, discrets…
Quand le soleil éteint son phare
Dans les genêts…

Tu respirerais le bon air
Du soir déclos…
ça te laverait des poussières
De ton bureau.

Je mettrais à ta boutonnière,
Etincelant
Cueilli au tapis des jachères
Un bouquet blanc

Et tu fermerais ta paupière
En le humant
Avec ta grâce singulière
Comme priant

L’oiseau dans son nid de broussaille
Chanterait haut
Emu, je te prendrais la taille
Si fin cerceau

Comme cela pour recueillir
Sans intention
De ton corps les secrets désirs
Les doux poisons

Les lucioles guideraient
Ton pas légers
Mon haleine te soufflerait
Des vers aimés

Tu sourirais disant comment
A chaque mot
Je suivrais l’éclat de tes dents
Rire à propos

Nous serions seul. Le rossignol
Sur un sommet
Userait de son chant frivole
Oh gai, si gai…

Main dans la main nous marcherions
Heureux et libres
En nous nourrissant les poumons
Mâchant des fibres

De ces graminées au long col
Au goût sucré
Dont le nom, des maîtres d’école
Est oublié.

Miel généreux de ces moments
Que j’imagine
Presque effrayé presque tremblant
Quand ta poitrine

Sur ma poitrine se posant
O ces délires !
S’affolerait, papillon blanc
Croyant mourir

Qui m’emporterait à souffrir
De rêver trop
De l’encens de l’or de la myrrhe
De l’avenir

L’étoile polaire là-haut
Nous guiderait
Vers des cheminements nouveaux
Que l’on suivrait

Mais sans s’égarer-En y semant
Comme il se doit
De nos baisers les cailloux blancs
Ici et là

Nous ferions un herbier de chants,
De fleurs aussi
Cueillies sur les orées des champs
Et de la nuit

Il me serait bon de te dire
La flache sombre
Où parfois l’on entend gémir
L’ombre de l’ombre

Ce serait sec comme un vin blanc
Comme un aveu
Ton pas à mon pas accordant
Ses sentiments

Ça ferait un duo d’amour
Déjà déjà
Ces pierrailles roulant autour
Innocemment,

Nous nous pencherions sur les sources
Mais sans y boire
Ivre de l’effort de la course
Pour nous y voir.

L’abeille autour bourdonnerait
Dans l’air léger
Mais vif, et tu frissonnerais
Voulant rentrer ;

Je te serrerais dans mes bras
(Instant béni)
Tout se tairait au fond des bois
A l’infini.

Après après ayant trop bu
De tes parfums
Je verrai les anges des nues
Comme on les peint

Sur les murs froids des abbayes
A tes genoux
Demander pardon comme prient
Les dieux vaudous

J’écouterais battre mon cœur
A l’unisson
De l’univers ô ces ardeurs
Montant des fonds

Puis nous rentrerions Il faut bien
Raison garder
Que le bonheur ait une fin
Pour exister

Je regretterais d’avoir tu
Les mots secrets
De n’avoir pas hurlé aux nues
Que je t’aimais

Ayant si peur que tu te fâches
Grondant très haut
« Demain je dois être à la tâche
A mon bureau ».

Fable le cygne musicien

Posté le 23.04.2008 par lesableausablier
Fable : Le cygne musicien

Pot de terre contre pot de fer
Pas aisé de venir à bout
De ce que l’on souhaite faire !
Les lois, les règles, les tabous
Mènent tout droit au cimetière
Les grands projets que nous portons.
Et quelle qu’en soit la raison
Impossible de s’y soustraire,
Sinon la junte militaire
Enverra de ses compagnons
Sévir sans considération.
C’est d’ailleurs souvent à raison,
L’on est trop nombreux sur la Terre
Pour s’y comporter sans façon.
Mais chicaner le vigneron
N’est-ce pas gâter la boisson ?

On cite en exemple un vieux cygne
Hôte d’un vénérable étang
Et musicien de grand talent
Hélas convaincu du contraire,
Qui avait passé son bel âge
Dans un silence surprenant
Mais qui voyant le bout des ans
Voulut, ambition saugrenue,
Pour rester en la république
Regrouper en un chant unique
De ses symphonies les phalanges.
Fâcheuse idée qui tout dérange
Dans la belle harmonie des eaux !
Des plus valable aux plus faux
Mille arguments firent obstacles.
On le dissuade. Il renonce.
Il laisse en l’état son projet
N’en fit même pas l’annonce.
Il n’y aurait pas de spectacle.
Il mourut dans la nuit !
Age ou contrariété ? Qui sait !
Rien ne resta de lui pour la postérité.

C’est ainsi que la Terre tourne.
Il faut savoir raison garder.
Rien d’ici bas ne se contourne.
Respect à la légalité.
Tant pis pour les dégâts causés.
Chacun son tour et les étables
D’Augias seront bien gardées
La Fontaine fut empêché
Je crois d’en faire une fable.

Ballade du petit doigt

Posté le 21.04.2008 par lesableausablier
Ballade du petit doigt

Je dors. Ne me réveillez pas
Car dans mon somme je prépare
Avec les anges sans retard
Pour vous un somptueux gala.
Surtout ne le répétez pas
Car c’est secret du petit doigt,
Celui des desiderata.

Dans votre jardin, j’ai déjà,
Sur des tapis de haute lisse,
Déposé des feux d’artifices.
Jonquilles d’or et mimosa
Dans le froid font leur cinéma.
C’est ce que dit le petit doigt,
Celui des desiderata.

L’amandier est prêt. Il viendra
Dès février en blanc manteau
Neiger sur les flancs des coteaux,
En suscitant les doux émois
Des oiseaux dans l’orme gaulois.
C’est ce que dit le petit doigt,
Celui des desiderata.

Avant que mai ne les emporte
Sur les ailes de l’oiseau-lyre,
Les violettes pour vous ravir
Sur l’humus des campagnes mortes
Viendront bientôt s’épanouir.
C’est ce que dit le petit doigt,
Celui des desiderata.

Je dors. Ne me réveillez pas
Car dans mon somme je prépare
Du cruel Resurgi du temps d’autrefois.
hiver le départ.
Sur les conseils de son gros doigt
Il va solder gel et frimas.
C’est ce que dit le petit doigt,
Celui des desiderata.

Dans mes alambics je distille
Avec les anges les nectars
Qui délicieux à tous égards
Dans les jardins des grandes villes
Couronneront le printemps roi.
C’est ce que dit, le petit doigt
Celui des desiderata.

Citadins, ne m’éveillez pas.
Chaque chose en son temps viendra
C’est ce que dit le petit doigt
Resurgi du temps d’autrefois

Poesie réalité

Posté le 21.04.2008 par lesableausablier



Poésie Réalité



Le gravier de l'allée reconnaît le facteur
L'eau goutte à goutte plonge
dans la profondeur de l'évier
où soupirent
les porcelaines sales du soir
Sur l'appui de la fenêtre la pie observe
Le chat bleu
Sphynx gardien de nos maigres mystères
Flairant superbement l'écuelle des chiens

Une mante religieuse
sur le volet
posée
comme une pomme accrochée à sa branche
Moissonne
l'odeur concrète du silence

Le temps s'est arrêté dans la chambre d'enfant
Il esquisse des pas de clown sur la tapisserie
En se moquant tout bas
du réveille-matin inutile
mais dont le coeur encor soupire obscurément.

A regret l'espace nous abandonne
car il s'enfonce en lui-même
Dès que criaille la sonnette de l'entrée.



Spleen du soir

Posté le 20.04.2008 par lesableausablier

Spleen du soir

Radieuse au soleil qui caresse ta cuisse
Tu sors de l'onde et viens dans un ruissellement
D'ambre et d'argent goûter du soir neuf les délices
Sur la verte prairie fleurie de moutons blancs.

Au clocher sonne sept. Les chiens se répondant
Conversent de l'antan dessus les myosotis.
Instant vertigineux! Dans l'éther nonchalant
Glissent de ces senteurs d'épice et de réglisse.

Mais ton regard est flou.Il plonge dans l'ailleurs.
Mélancoliquement de la journée qui meurt
Il revoit les instants, les gestes , les sourires

Et s'assombrit soudain d'un fâcheux souvenir.
Ô douloureux instant d'avoir à regretter
La seconde perdue à oublier d'aimer.

sm
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